Comme règle d’hygiène mentale, Alain propose de ne jamais avoir deux fois la même pensée et de « masser le cerveau » en changeant d’idées, ce qui s’obtient par deux pratiques : se donner une « douche de spectacles » en regardant autour de soi, et remonter des effets aux causes pour dissiper les images noires.
Key Arguments
- En opposition à l’esprit figé, Alain recommande : « Qu’on dénoue les esprits, au contraire. Je donnerais comme règle d’hygiène : “N’aie jamais deux fois la même pensée.” » ; il fait de la variation des pensées une prescription explicite.
- Il anticipe l’objection fataliste de l’hypocondriaque qui invoque la constitution de son cerveau et sa circulation sanguine pour justifier sa fixité ; Alain reconnaît le rôle du sang mais refuse le fatalisme psychologique.
- Il affirme qu’« nous connaissons, justement, une méthode pour masser le cerveau ; il ne faut que changer d’idées ; et ce n’est pas difficile, si l’on y est entraîné » ; le changement volontaire de pensée est présenté comme un massage cérébral accessible par l’habitude.
- Première pratique : « regarder autour de soi, et se donner comme une douche de spectacles ; il n’en manque jamais » ; l’attention aux choses présentes renouvelle naturellement le contenu de la pensée.
- Deuxième pratique : « remonter des effets aux causes, ce qui est un moyen assuré de chasser les images noires » ; l’exercice causal de l’entendement (chercher les causes réelles d’un rêve effrayant, par exemple des perceptions et de « petits malaises ») dissipe l’imaginaire angoissant.
Source Quotes
Nous récitons mentalement notre tristesse, comme nous récitions la géographie en vers. Qu’on dénoue les esprits, au contraire. Je donnerais comme règle d’hygiène : « N’aie jamais deux fois la même pensée. » À quoi l’hypocondriaque dira : « Je n’y peux rien ; c’est que mon cerveau est fait ainsi, et arrosé de sang plus ou moins. » C’est clair. Mais nous connaissons, justement, une méthode pour masser le cerveau ; il ne faut que changer d’idées ; et ce n’est pas difficile, si l’on y est entraîné.
Qu’on dénoue les esprits, au contraire. Je donnerais comme règle d’hygiène : « N’aie jamais deux fois la même pensée. » À quoi l’hypocondriaque dira : « Je n’y peux rien ; c’est que mon cerveau est fait ainsi, et arrosé de sang plus ou moins. » C’est clair. Mais nous connaissons, justement, une méthode pour masser le cerveau ; il ne faut que changer d’idées ; et ce n’est pas difficile, si l’on y est entraîné.
Je donnerais comme règle d’hygiène : « N’aie jamais deux fois la même pensée. » À quoi l’hypocondriaque dira : « Je n’y peux rien ; c’est que mon cerveau est fait ainsi, et arrosé de sang plus ou moins. » C’est clair. Mais nous connaissons, justement, une méthode pour masser le cerveau ; il ne faut que changer d’idées ; et ce n’est pas difficile, si l’on y est entraîné. Il y a deux pratiques infaillibles pour purger la cervelle.
Mais nous connaissons, justement, une méthode pour masser le cerveau ; il ne faut que changer d’idées ; et ce n’est pas difficile, si l’on y est entraîné. Il y a deux pratiques infaillibles pour purger la cervelle. L’une consiste à regarder autour de soi, et à se donner comme une douche de spectacles ; il n’en manque jamais. L’autre consiste à remonter des effets aux causes, ce qui est un moyen assuré de chasser les images noires.
L’une consiste à regarder autour de soi, et à se donner comme une douche de spectacles ; il n’en manque jamais. L’autre consiste à remonter des effets aux causes, ce qui est un moyen assuré de chasser les images noires. Quelqu’un avait fait un rêve un peu effrayant.
Key Concepts
- Qu’on dénoue les esprits, au contraire. Je donnerais comme règle d’hygiène : « N’aie jamais deux fois la même pensée. »
- À quoi l’hypocondriaque dira : « Je n’y peux rien ; c’est que mon cerveau est fait ainsi, et arrosé de sang plus ou moins. »
- Mais nous connaissons, justement, une méthode pour masser le cerveau ; il ne faut que changer d’idées ; et ce n’est pas difficile, si l’on y est entraîné.
- Il y a deux pratiques infaillibles pour purger la cervelle. L’une consiste à regarder autour de soi, et à se donner comme une douche de spectacles ; il n’en manque jamais.
- L’autre consiste à remonter des effets aux causes, ce qui est un moyen assuré de chasser les images noires.
Context
Fin du passage du propos V : après avoir critiqué la fixation mentale produite par l’éducation, Alain énonce une véritable hygiène de l’esprit fondée sur le changement constant d’idées, précisant deux exercices concrets pour entretenir cette mobilité et lutter contre l’hypocondrie et les pensées noires.