Croire est un devoir humain suprême, mais l’objet légitime de la foi n’est pas quelque chose qui est déjà (Dieu, une justice existante), c’est ce qui n’est pas encore mais devrait être et sera par la volonté : croire, au fond, c’est croire en sa propre volonté de justice, ce qui constitue le noyau rationnel de la religion.
Key Arguments
- Alain reconnaît que les hommes n’ont « pas tout à fait » tort d’affirmer qu’il faut croire : « On voit que les hommes ne se sont pas trompés tout à fait lorsqu’ils ont affirmé qu’il faut croire, et que c’est le plus haut devoir humain. » ; il sauve l’idée d’un devoir de croire.
- Mais il rectifie radicalement l’objet de cette foi : « Seulement ils se sont appliqués à croire à quelque chose qui est, au lieu que l’objet propre de la foi, c’est ce qui n’est pas, mais qui devrait être, et qui sera par la volonté. » ; la foi ne doit pas porter sur l’être déjà‑là, mais sur le devoir‑être à réaliser.
- Il explique que vouloir sans croire que la justice sera est une pseudo‑volonté qui condamne la justice à ne pas être : « Et comment vouloir sans croire ? Ce serait faire semblant de vouloir, en se disant tout au fond : « mon vouloir n’y changera rien ». Parbleu, si c’est ainsi que vous voulez, vous aurez gagné, la justice ne sera pas. Je dois croire qu’elle sera. Voilà l’objet de la religion, dégagé enfin de toutes les nuées théologiques. »
- Il conclut que croire revient finalement à croire en sa propre volonté : « En sorte que croire, c’est finalement croire en sa propre volonté. » ; la foi véritable est confiance active dans la puissance de la volonté humaine.
- Il rattache cette interprétation à Auguste Comte, qui identifie Dieu et Providence à l’Humanité et à la volonté raisonnable des hommes : « Ce qu’Auguste Comte exprimait aussi à sa manière, lorsqu’il disait qu’il n’y a qu’un Dieu, l’Humanité, et qu’une Providence, la volonté raisonnable des hommes. »
Source Quotes
Voilà l’objet de la religion, dégagé enfin de toutes les nuées théologiques. On voit que les hommes ne se sont pas trompés tout à fait lorsqu’ils ont affirmé qu’il faut croire, et que c’est le plus haut devoir humain. Seulement ils se sont appliqués à croire à quelque chose qui est, au lieu que l’objet propre de la foi, c’est ce qui n’est pas, mais qui devrait être, et qui sera par la volonté.
On voit que les hommes ne se sont pas trompés tout à fait lorsqu’ils ont affirmé qu’il faut croire, et que c’est le plus haut devoir humain. Seulement ils se sont appliqués à croire à quelque chose qui est, au lieu que l’objet propre de la foi, c’est ce qui n’est pas, mais qui devrait être, et qui sera par la volonté. En sorte que croire, c’est finalement croire en sa propre volonté.
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Seulement ils se sont appliqués à croire à quelque chose qui est, au lieu que l’objet propre de la foi, c’est ce qui n’est pas, mais qui devrait être, et qui sera par la volonté. En sorte que croire, c’est finalement croire en sa propre volonté. Ce qu’Auguste Comte exprimait aussi à sa manière, lorsqu’il disait qu’il n’y a qu’un Dieu, l’Humanité, et qu’une Providence, la volonté raisonnable des hommes.
En sorte que croire, c’est finalement croire en sa propre volonté. Ce qu’Auguste Comte exprimait aussi à sa manière, lorsqu’il disait qu’il n’y a qu’un Dieu, l’Humanité, et qu’une Providence, la volonté raisonnable des hommes. Barres ne trouvera
Key Concepts
- On voit que les hommes ne se sont pas trompés tout à fait lorsqu’ils ont affirmé qu’il faut croire, et que c’est le plus haut devoir humain.
- Seulement ils se sont appliqués à croire à quelque chose qui est, au lieu que l’objet propre de la foi, c’est ce qui n’est pas, mais qui devrait être, et qui sera par la volonté.
- Je dois croire qu’elle sera. Voilà l’objet de la religion, dégagé enfin de toutes les nuées théologiques.
- En sorte que croire, c’est finalement croire en sa propre volonté.
- il n’y a qu’un Dieu, l’Humanité, et qu’une Providence, la volonté raisonnable des hommes.
Context
Fin de CLXVIII : après avoir distingué être et devoir‑être et défini la justice comme ce qui doit être voulu, Alain redéfinit la foi et la religion comme croyance active en la réalisation volontaire de la justice, en réinterprétant aussi la formule de Comte.