Face à cette contradiction interne du droit de propriété, l’intervention de l’État pour rétablir un certain équilibre apparaît comme une « violation du droit au nom du droit », ce qui explique la sincérité des revendications et des résistances opposées et la confusion d’un Progrès « mal attelé » où choses et Idées se heurtent violemment.

By Alain, from Propos

Key Arguments

  • Alain note que, lorsque l’État tente de corriger les effets inégalitaires du régime de propriété, il semble inévitablement spolier : « C’est pourquoi l’État, dès qu’il travaille à rétablir une espèce d’équilibre, a l’air de prendre aux uns pour donner aux autres, et de violer le droit au nom du droit. »
  • Cette situation paradoxale fait que chaque camp peut se prévaloir d’une « sincérité d’esprit » : « De là une sincérité d’esprit chez ceux qui revendiquent, et une sincérité aussi chez ceux qui résistent. » ; les uns et les autres invoquent légitimement le droit.
  • Alain résume cette situation par une image de désordre mécanique : « Le Progrès est mal attelé. Les choses et les idées se battent et se ruent dans les brancards. » ; les forces matérielles et les Idées de droit tirent la société dans des sens contradictoires.
  • Les cris « Dia ! Hue ! » suggèrent un cocher débordé tentant de maîtriser un attelage indocile, métaphore de l’État et de la société cherchant à gouverner un Progrès conflictuel.
  • Cette analyse montre que les conflits sociaux modernes ne peuvent être réduits à une dénonciation unilatérale d’hypocrisie : ils mettent en jeu des Idées de droit réelles, efficaces mais mal coordonnées avec les transformations économiques et techniques.

Source Quotes

Le droit ruine le droit. C’est pourquoi l’État, dès qu’il travaille à rétablir une espèce d’équilibre, a l’air de prendre aux uns pour donner aux autres, et de violer le droit au nom du droit. De là une sincérité d’esprit chez ceux qui revendiquent, et une sincérité aussi chez ceux qui résistent.
C’est pourquoi l’État, dès qu’il travaille à rétablir une espèce d’équilibre, a l’air de prendre aux uns pour donner aux autres, et de violer le droit au nom du droit. De là une sincérité d’esprit chez ceux qui revendiquent, et une sincérité aussi chez ceux qui résistent. Le Progrès est mal attelé.
De là une sincérité d’esprit chez ceux qui revendiquent, et une sincérité aussi chez ceux qui résistent. Le Progrès est mal attelé. Les choses et les idées se battent et se ruent dans les brancards. De là des « Dia ! Hue !

Key Concepts

  • C’est pourquoi l’État, dès qu’il travaille à rétablir une espèce d’équilibre, a l’air de prendre aux uns pour donner aux autres, et de violer le droit au nom du droit.
  • De là une sincérité d’esprit chez ceux qui revendiquent, et une sincérité aussi chez ceux qui résistent.
  • Le Progrès est mal attelé. Les choses et les idées se battent et se ruent dans les brancards. De là des « Dia ! Hue !

Context

Fin du Propos CVII : tirant les conséquences de la contradiction interne du droit de propriété, Alain décrit le rôle ambigu de l’État et la double sincérité des antagonistes sociaux, avant de conclure sur l’image d’un Progrès « mal attelé » où les forces matérielles et les Idées juridiques se heurtent, rendant inadéquat le simple mot d’« hypocrisie » pour décrire le droit.