Il n’existe pas de « pouvoirs supérieurs » extérieurs qui imposeraient des lois aux hommes : lois, juges, gendarmes et ministres ne sont que l’expression de la liberté des hommes qui, vivant selon l’état de nature, se groupent volontairement pour se protéger et diviser le travail.
Key Arguments
- Le Sage affirme que ce que le jeune théoricien réclame (laisser les hommes vivre à leur guise et se grouper librement) est précisément ce qui se passe toujours : « C’est justement ce que l’on fait ; c’est ce que l’on a toujours fait, c’est ce que l’on fera toujours. »
- Il nie l’existence de « pouvoirs supérieurs » imposant des lois : « Vous vous faites je ne sais quelle idée de pouvoirs supérieurs qui imposeraient des lois aux hommes ; mais, de tels pouvoirs, il n’y en a point ; il ne peut pas y en avoir. »
- Même les tyrans n’échappent pas à cette règle d’immanence : « Même les plus extravagants des tyrans n’ont été tyrans que parce que cela convenait au plus grand nombre. » ; leur pouvoir est conditionné par l’acceptation ou la passivité de la majorité.
- Les hommes sont décrits comme naturellement libres « dans les limites de leur puissance » : « les hommes sont sur la terre tous entièrement libres, dans les limites de leur puissance. » ; la liberté n’est pas un don d’en haut, mais une donnée de fait.
- Il présente la formation des pouvoirs publics comme un simple regroupement défensif et une division du travail : « Vous ne pouvez pas trouver mauvais que beaucoup d’entre eux se groupent pour se protéger plus efficacement, et divisent entre eux le travail, de façon que, pendant que les uns produisent, les autres les gardent. »
- L’attribution d’insignes et de fonctions (képi, revolver, toques, robes) ne change pas la nature de ces hommes : « Qu’on donne à certains gardiens un képi et un revolver, cela ne va pas contre le droit de nature. Qu’on donne à d’autres gardiens des toques et des robes, et qu’on les charge d’empêcher les querelles autant que possible, cela n’empêche pas qu’ils soient des hommes libres, unis à des hommes libres, et vivant selon la loi de nature ».
- La seule « contrainte » reconnue est interne ou factuelle, non métaphysique : ces gardiens « ne supportent d’autre contrainte que celle de leur propre prudence ou d’une force supérieure. » ; le cadre reste celui de la liberté naturelle limitée par la force.
Source Quotes
Pourquoi des juges ? des gendarmes et des ministres ? Pourquoi ne laisse-t-on pas les hommes vivre à leur guise, se grouper s’ils le veulent et comme ils l’entendent ? » Le sage répondit : « C’est justement ce que l’on fait ; c’est ce que l’on a toujours fait, c’est ce que l’on fera toujours. Vous vous faites je ne sais quelle idée de pouvoirs supérieurs qui imposeraient des lois aux hommes ; mais, de tels pouvoirs, il n’y en a point ; il ne peut pas y en avoir.
Pourquoi ne laisse-t-on pas les hommes vivre à leur guise, se grouper s’ils le veulent et comme ils l’entendent ? » Le sage répondit : « C’est justement ce que l’on fait ; c’est ce que l’on a toujours fait, c’est ce que l’on fera toujours. Vous vous faites je ne sais quelle idée de pouvoirs supérieurs qui imposeraient des lois aux hommes ; mais, de tels pouvoirs, il n’y en a point ; il ne peut pas y en avoir. Même les plus extravagants des tyrans n’ont été tyrans que parce que cela convenait au plus grand nombre. « Défiez-vous de la littérature, et voyez les choses comme elles sont : les hommes sont sur la terre tous entièrement libres, dans les limites de leur puissance.
Vous vous faites je ne sais quelle idée de pouvoirs supérieurs qui imposeraient des lois aux hommes ; mais, de tels pouvoirs, il n’y en a point ; il ne peut pas y en avoir. Même les plus extravagants des tyrans n’ont été tyrans que parce que cela convenait au plus grand nombre. « Défiez-vous de la littérature, et voyez les choses comme elles sont : les hommes sont sur la terre tous entièrement libres, dans les limites de leur puissance. Vous ne pouvez pas trouver mauvais que beaucoup d’entre eux se groupent pour se protéger plus efficacement, et divisent entre eux le travail, de façon que, pendant que les uns produisent, les autres les gardent.
Même les plus extravagants des tyrans n’ont été tyrans que parce que cela convenait au plus grand nombre. « Défiez-vous de la littérature, et voyez les choses comme elles sont : les hommes sont sur la terre tous entièrement libres, dans les limites de leur puissance. Vous ne pouvez pas trouver mauvais que beaucoup d’entre eux se groupent pour se protéger plus efficacement, et divisent entre eux le travail, de façon que, pendant que les uns produisent, les autres les gardent. Qu’on donne à certains gardiens un képi et un revolver, cela ne va pas contre le droit de nature.
Vous ne pouvez pas trouver mauvais que beaucoup d’entre eux se groupent pour se protéger plus efficacement, et divisent entre eux le travail, de façon que, pendant que les uns produisent, les autres les gardent. Qu’on donne à certains gardiens un képi et un revolver, cela ne va pas contre le droit de nature. Qu’on donne à d’autres gardiens des toques et des robes, et qu’on les charge d’empêcher les querelles autant que possible, cela n’empêche pas qu’ils soient des hommes libres, unis à des hommes libres, et vivant selon la loi de nature ; car ils ne supportent d’autre contrainte que celle de leur propre prudence ou d’une force supérieure. » « Mais, dit le théoricien, ceux qui ne veulent point admettre de lois, qu’en faites-vous ? » Le sage répondit : « Ils sont libres comme les autres, et au même sens que les autres ; leur liberté a justement les mêmes limites que leur puissance ; ils résistent aux lois quand ils peuvent et comme ils peuvent.
Qu’on donne à certains gardiens un képi et un revolver, cela ne va pas contre le droit de nature. Qu’on donne à d’autres gardiens des toques et des robes, et qu’on les charge d’empêcher les querelles autant que possible, cela n’empêche pas qu’ils soient des hommes libres, unis à des hommes libres, et vivant selon la loi de nature ; car ils ne supportent d’autre contrainte que celle de leur propre prudence ou d’une force supérieure. » « Mais, dit le théoricien, ceux qui ne veulent point admettre de lois, qu’en faites-vous ? » Le sage répondit : « Ils sont libres comme les autres, et au même sens que les autres ; leur liberté a justement les mêmes limites que leur puissance ; ils résistent aux lois quand ils peuvent et comme ils peuvent. Ils sont vaincus, dites-vous ?
Key Concepts
- C’est justement ce que l’on fait ; c’est ce que l’on a toujours fait, c’est ce que l’on fera toujours.
- Vous vous faites je ne sais quelle idée de pouvoirs supérieurs qui imposeraient des lois aux hommes ; mais, de tels pouvoirs, il n’y en a point ; il ne peut pas y en avoir.
- Même les plus extravagants des tyrans n’ont été tyrans que parce que cela convenait au plus grand nombre.
- les hommes sont sur la terre tous entièrement libres, dans les limites de leur puissance.
- Vous ne pouvez pas trouver mauvais que beaucoup d’entre eux se groupent pour se protéger plus efficacement, et divisent entre eux le travail, de façon que, pendant que les uns produisent, les autres les gardent.
- Qu’on donne à certains gardiens un képi et un revolver, cela ne va pas contre le droit de nature.
- cela n’empêche pas qu’ils soient des hommes libres, unis à des hommes libres, et vivant selon la loi de nature ; car ils ne supportent d’autre contrainte que celle de leur propre prudence ou d’une force supérieure.
Context
Première réponse du Sage au « jeune théoricien » dans le Propos CXXXIII : face à la demande anarchisante d’abolir lois et autorités, le Sage reformule la situation en termes de liberté naturelle et de regroupement volontaire, niant l’existence de pouvoirs transcendants et réinterprétant l’État (policiers, juges, ministres) comme simple organisation libre d’hommes libres.