La justice, comprise comme connaissance des causes des maux et action pour les prévenir ou les réparer, nous délivre de la pitié triste en la transformant en activité efficace et joyeuse : dès que l’on voit par où passent les maux, on cherche des remèdes, ce qui dispose le corps à la joie.
Key Arguments
- Alain rappelle ce qu’il disait « ces jours-ci » : « la justice nous délivrait de la pitié, et que c’était bien » ; la justice est une alternative supérieure à la pitié.
- Il caractérise la justice comme compréhension des mécanismes des maux : « dès que je vois par où passent et filtrent les maux, comme une eau perfide, aussitôt me voilà à boucher les fissures » ; c’est une attitude d’analyse causale et d’intervention.
- Cette vision entraîne une activité pratique : « pendant que je travaille, à chercher mille remèdes en imagination » ; la justice implique recherche active de solutions, non simple compassion triste.
- Cette activité a un effet affectif positif : « ce qui dispose mon corps à la joie » ; l’action juste remplace la dépression de la pitié par une disposition joyeuse.
- En opposant ainsi la pitié-tristesse (dépression, abandon de soi) à la justice-action (travail, recherche de remèdes, joie), Alain conclut que la véritable attitude morale face au mal n’est pas de compatir passivement, mais de comprendre et d’agir.
Source Quotes
Une des grandes souffrances morales, c’est de faire pitié à quelqu’un. C’est pourquoi je disais ces jours-ci, mais assez obscurément, que la justice nous délivrait de la pitié, et que c’était bien. Car, dès que je vois par où passent et filtrent les maux, comme une eau perfide, aussitôt me voilà à boucher les fissures, et, pendant que je travaille, à chercher mille remèdes en imagination ; ce qui dispose mon corps à la joie ; car c’est
C’est pourquoi je disais ces jours-ci, mais assez obscurément, que la justice nous délivrait de la pitié, et que c’était bien. Car, dès que je vois par où passent et filtrent les maux, comme une eau perfide, aussitôt me voilà à boucher les fissures, et, pendant que je travaille, à chercher mille remèdes en imagination ; ce qui dispose mon corps à la joie ; car c’est
Key Concepts
- C’est pourquoi je disais ces jours-ci, mais assez obscurément, que la justice nous délivrait de la pitié, et que c’était bien.
- Car, dès que je vois par où passent et filtrent les maux, comme une eau perfide, aussitôt me voilà à boucher les fissures, et, pendant que je travaille, à chercher mille remèdes en imagination ; ce qui dispose mon corps à la joie ; car c’est
Context
Conclusion du propos LXV : après avoir critiqué la pitié comme tristesse maladive et sentiment inefficace, Alain introduit la justice comme attitude rationnelle et active qui libère de la pitié en orientant vers la compréhension des causes des maux et leur réparation, produisant une joie liée à l’action efficace.