La vraie tâche commune des sciences et des lettres devrait être l’apprentissage de la description fidèle d’une chose présente : donner « une chose à décrire » permettrait à la chose de corriger le discours et constituerait « la première leçon réelle de vraie science », car savoir, c’est être en mesure de bien décrire.

By Alain, from Propos

Key Arguments

  • En contre‑projet positif à la rhétorique vide, Alain demande : « Que faudrait-il ? Une chose à décrire. » ; il recentre le travail intellectuel sur l’objet, non sur les mots.
  • S’il y avait une chose présente à décrire, « on pourrait dire, alors, si l’enfant décrit bien ; la chose corrigerait le discours » : le critère du jugement redeviendrait la conformité du langage à la chose, qui devient instance de vérification et de rectification.
  • Il esquisse des exigences élémentaires de description : « ne pas brouiller la droite et la gauche, et [...] commencer par un bout » ; même ces règles spatiales simples renvoient à un rapport rigoureux à l’objet observé.
  • Alain affirme que « une bonne description d’une chose présente, serait justement la première leçon réelle de vraie science » : la science commence par la description exacte et ordonnée du donné, non par les formules algébriques.
  • Il conclut en assimilant savoir et pouvoir décrire : « Qu’est-ce que savoir, sinon être en mesure de bien décrire » ; la maîtrise descriptive est posée comme définition minimale mais décisive de la connaissance, valable aussi bien pour les sciences que pour les lettres.

Source Quotes

Ainsi se cultive une espèce de style dit élégant, qui n’exprime rien, et habille décemment les sots. Que faudrait-il ? Une chose à décrire. On pourrait dire, alors, si l’enfant décrit bien ; la chose corrigerait le discours.
Une chose à décrire. On pourrait dire, alors, si l’enfant décrit bien ; la chose corrigerait le discours. Il s’agirait d’abord de ne pas brouiller la droite et la gauche, et de commencer par un bout.
On pourrait dire, alors, si l’enfant décrit bien ; la chose corrigerait le discours. Il s’agirait d’abord de ne pas brouiller la droite et la gauche, et de commencer par un bout. Mais qui ne voit qu’une bonne description d’une chose présente, serait justement la première leçon réelle de vraie science.
Il s’agirait d’abord de ne pas brouiller la droite et la gauche, et de commencer par un bout. Mais qui ne voit qu’une bonne description d’une chose présente, serait justement la première leçon réelle de vraie science. Qu’est-ce que savoir, sinon être en mesure de bien décrire
Mais qui ne voit qu’une bonne description d’une chose présente, serait justement la première leçon réelle de vraie science. Qu’est-ce que savoir, sinon être en mesure de bien décrire

Key Concepts

  • Que faudrait-il ? Une chose à décrire.
  • On pourrait dire, alors, si l’enfant décrit bien ; la chose corrigerait le discours.
  • Il s’agirait d’abord de ne pas brouiller la droite et la gauche, et de commencer par un bout.
  • Mais qui ne voit qu’une bonne description d’une chose présente, serait justement la première leçon réelle de vraie science.
  • Qu’est-ce que savoir, sinon être en mesure de bien décrire

Context

Conclusion du Propos XC : après avoir critiqué, d’un côté, la science scolaire réduite à algèbre sans pensée et, de l’autre, les belles‑lettres réduites à un style sans choses, Alain propose comme solution commune l’exercice de la description précise d’objets présents, qu’il érige en première leçon de « vraie science » et en critère même du savoir.