Le colonel approuve ce modèle de soldat-citoyen intégré à la vie civile et soutient qu’un tel régime réduirait les risques moraux et physiques du service, renforcerait l’autorité de la simple consigne et éviterait les dégradations produites par l’oisiveté de caserne ; idéalement, un militaire ne devrait être militaire que pendant l’exercice, la marche et le tir.

By Alain, from Propos

Key Arguments

  • Il concède d’emblée qu’il ne voit pas « où serait le mal » dans l’arrangement proposé : il reconnaît qu’un service lié à la vie civile ne menacerait pas la discipline militaire.
  • Il avance plusieurs bénéfices concrets : les soldats « risqueraient moins de perdre leur santé avec les filles » ; la fréquentation contrainte de maisons closes et de l’oisiveté nocturne serait réduite, diminuant les risques de maladies et de déchéance morale.
  • Il estime que « la simple consigne aurait plus de puissance que n’en a maintenant la prison » : une discipline fondée sur la responsabilité et l’adhésion serait plus efficace que la répression par l’enfermement.
  • Il dénonce les « heures d’oisiveté déprimante », les « conversations niaises » et « plaisanteries de caserne » qui « travestissent et rapetissent les plus nobles devoirs » : l’atmosphère de caserne, telle qu’elle est, dégrade l’idéal militaire et ridiculise les devoirs du soldat-citoyen.
  • Il formule une norme : « Un militaire ne devrait point être militaire hors des exercices, des marches et du tir. » ; le soldat doit rester un civil la plupart du temps, l’identité militaire devant se limiter à l’entraînement et aux fonctions militaires proprement dites.

Source Quotes

Quand on a des idées comme celles-là, on ne désire point la guerre, mais on ne se rend jamais. » « Mais alors, lui dis-je, croyez-vous qu’il soit bien nécessaire, quand ils ont manœuvré comme il faut, de les tenir dans un dortoir, comme des collégiens, ou de les lâcher pour quelques heures dans une ville où ils n’ont ni parents ni amis ? S’ils étaient mariés, s’ils couchaient chez eux, s’ils pouvaient quelques heures tous les jours se retrouver à leur établi, ou à leur comptoir, ou à leur champ, ou à leur jardin, s’ils jouissaient chaque jour un peu de ces droits pour lesquels ils se battront si bien, où serait le mal ? » « Je ne vois point, dit le colonel, où serait le mal. Je vois qu’ils risqueraient moins de perdre leur santé avec les filles.
S’ils étaient mariés, s’ils couchaient chez eux, s’ils pouvaient quelques heures tous les jours se retrouver à leur établi, ou à leur comptoir, ou à leur champ, ou à leur jardin, s’ils jouissaient chaque jour un peu de ces droits pour lesquels ils se battront si bien, où serait le mal ? » « Je ne vois point, dit le colonel, où serait le mal. Je vois qu’ils risqueraient moins de perdre leur santé avec les filles. Je vois que la simple consigne aurait plus de puissance que n’en a maintenant la prison.
Je vois qu’ils risqueraient moins de perdre leur santé avec les filles. Je vois que la simple consigne aurait plus de puissance que n’en a maintenant la prison. Je vois qu’ils échapperaient à ces heures d’oisiveté déprimante, à ces conversations niaises, à ces plaisanteries de caserne, qui travestissent et rapetissent les plus nobles devoirs.
Je vois que la simple consigne aurait plus de puissance que n’en a maintenant la prison. Je vois qu’ils échapperaient à ces heures d’oisiveté déprimante, à ces conversations niaises, à ces plaisanteries de caserne, qui travestissent et rapetissent les plus nobles devoirs. Un militaire ne devrait point être militaire hors des exercices, des marches et du tir.
Je vois qu’ils échapperaient à ces heures d’oisiveté déprimante, à ces conversations niaises, à ces plaisanteries de caserne, qui travestissent et rapetissent les plus nobles devoirs. Un militaire ne devrait point être militaire hors des exercices, des marches et du tir. Ces temps viendront lorsque tous vos socialistes, qui sont pourtant des idéalistes, que diable, comprendront que le droit sans baïonnettes est un scandale pour la Raison.

Key Concepts

  • « Je ne vois point, dit le colonel, où serait le mal.
  • Je vois qu’ils risqueraient moins de perdre leur santé avec les filles.
  • Je vois que la simple consigne aurait plus de puissance que n’en a maintenant la prison.
  • Je vois qu’ils échapperaient à ces heures d’oisiveté déprimante, à ces conversations niaises, à ces plaisanteries de caserne, qui travestissent et rapetissent les plus nobles devoirs.
  • Un militaire ne devrait point être militaire hors des exercices, des marches et du tir.

Context

Réponse du colonel à la suggestion d’Alain dans CLIII : loin de défendre l’institution traditionnelle de la caserne, il en souligne les effets dégradants et affirme qu’un soldat-citoyen devrait vivre en civil en dehors des moments d’instruction militaire, ce qui prolonge sa thèse sur la supériorité morale et militaire du soldat attaché à ses droits civils.