Le radicalisme, tel qu’Alain le définit, n’est ni un programme socialiste ni un pacifisme, mais une doctrine qui se situe sur un autre plan : il s’occupe exclusivement de l’origine et de la légitimité des pouvoirs, affirmant que tout pouvoir vient du peuple, que tout magistrat n’exerce que par délégation et doit des comptes, ce qui constitue la véritable idée révolutionnaire.

By Alain, from Propos

Key Arguments

  • Alain commence par distinguer le radicalisme des doctrines de contenu économique ou international : « Le Radicalisme n’est par lui-même ni socialiste, ni pacifiste, ni quoi que ce soit dans ce genre ; il ne prononce point sur les changements qui surviendront dans la propriété, dans le salaire, dans le droit national et international. »
  • Il précise que le radicalisme « se développe dans un autre plan ; il considère seulement l’origine et la légitimité des puissances ; il va jusqu’aux racines comme son nom le dit », marquant qu’il s’intéresse au fondement de toute autorité plutôt qu’aux mesures particulières.
  • Il rattache cette doctrine à une tradition philosophique (Spinoza, Rousseau) : le radicalisme « découvre sans ménagements ce que tous les théoriciens de politique ont pressenti ou deviné, ce qu’un Spinoza, ce qu’un Rousseau avait clairement vu, c’est que tout pouvoir vient du peuple ».
  • Il en déduit que tout magistrat légitime n’est qu’un délégué du peuple, responsable devant lui : « tout magistrat, s’il n’est usurpateur, représente le peuple, exerce ses pouvoirs par délégation, et doit des comptes. »
  • Cette idée est identifiée à l’essence même de la Révolution : « Cette idée, c’est la Révolution même », ce qui montre que pour Alain la révolution est d’abord un principe de légitimité politique plutôt qu’un changement économique déterminé.
  • La même idée définit simultanément « les devoirs du citoyen comme sujet en même temps que ses droits comme souverain », ce qui articule obéissance aux lois et souveraineté populaire.
  • Alain reformule encore ce principe comme une règle des passions par le bon sens collectif : « ou, si vous voulez, elle règle les passions de chacun par le bon sens de tous pris comme arbitre. »

Source Quotes

CIX Le Radicalisme n’est par lui-même ni socialiste, ni pacifiste, ni quoi que ce soit dans ce genre ; il ne prononce point sur les changements qui surviendront dans la propriété, dans le salaire, dans le droit national et international. Le radicalisme se développe dans un autre plan ; il considère seulement l’origine et la légitimité des puissances ; il va jusqu’aux racines comme son nom le dit ; il découvre sans ménagements ce que tous les théoriciens de politique ont pressenti ou deviné, ce qu’un Spinoza, ce qu’un Rousseau avait clairement vu, c’est que tout pouvoir vient du peuple, et que tout magistrat, s’il n’est usurpateur, représente le peuple, exerce ses pouvoirs par délégation, et doit des comptes.
CIX Le Radicalisme n’est par lui-même ni socialiste, ni pacifiste, ni quoi que ce soit dans ce genre ; il ne prononce point sur les changements qui surviendront dans la propriété, dans le salaire, dans le droit national et international. Le radicalisme se développe dans un autre plan ; il considère seulement l’origine et la légitimité des puissances ; il va jusqu’aux racines comme son nom le dit ; il découvre sans ménagements ce que tous les théoriciens de politique ont pressenti ou deviné, ce qu’un Spinoza, ce qu’un Rousseau avait clairement vu, c’est que tout pouvoir vient du peuple, et que tout magistrat, s’il n’est usurpateur, représente le peuple, exerce ses pouvoirs par délégation, et doit des comptes. Cette idée, c’est la Révolution même ; elle définit les devoirs du citoyen comme sujet en même temps que ses droits comme souverain ; ou, si vous voulez, elle règle les passions de chacun par le bon sens de tous pris comme arbitre.
Le radicalisme se développe dans un autre plan ; il considère seulement l’origine et la légitimité des puissances ; il va jusqu’aux racines comme son nom le dit ; il découvre sans ménagements ce que tous les théoriciens de politique ont pressenti ou deviné, ce qu’un Spinoza, ce qu’un Rousseau avait clairement vu, c’est que tout pouvoir vient du peuple, et que tout magistrat, s’il n’est usurpateur, représente le peuple, exerce ses pouvoirs par délégation, et doit des comptes. Cette idée, c’est la Révolution même ; elle définit les devoirs du citoyen comme sujet en même temps que ses droits comme souverain ; ou, si vous voulez, elle règle les passions de chacun par le bon sens de tous pris comme arbitre. C’est donc un système complet de politique à proprement parler, fondé sur l’égalité radicale, contre toutes les inégalités, contre toutes les tyrannies, contre tous les esclavages.

Key Concepts

  • Le Radicalisme n’est par lui-même ni socialiste, ni pacifiste, ni quoi que ce soit dans ce genre ; il ne prononce point sur les changements qui surviendront dans la propriété, dans le salaire, dans le droit national et international.
  • Le radicalisme se développe dans un autre plan ; il considère seulement l’origine et la légitimité des puissances ; il va jusqu’aux racines comme son nom le dit
  • il découvre sans ménagements ce que tous les théoriciens de politique ont pressenti ou deviné, ce qu’un Spinoza, ce qu’un Rousseau avait clairement vu, c’est que tout pouvoir vient du peuple
  • tout magistrat, s’il n’est usurpateur, représente le peuple, exerce ses pouvoirs par délégation, et doit des comptes.
  • Cette idée, c’est la Révolution même ; elle définit les devoirs du citoyen comme sujet en même temps que ses droits comme souverain ; ou, si vous voulez, elle règle les passions de chacun par le bon sens de tous pris comme arbitre.

Context

Début du propos CIX : Alain entreprend de définir positivement ce qu’il entend par « Radicalisme », en le séparant des étiquettes socialistes ou pacifistes et en le rattachant à la tradition révolutionnaire de souveraineté populaire.