L’intelligence scientifique suppose un choix radical : qui veut être savant doit renoncer à être mage, repousser d’abord les perceptions innombrables modulées par le corps, refuser de faire de sa propre humeur une preuve, et adopter un parti-pris invincible de non‑croyance et d’« impiété délibérée » envers dieux et prophètes.
Key Arguments
- Alain affirme que « L’intelligence ne peut voir clair que si elle repousse d’abord ces perceptions innombrables, continuellement modifiées par le cours du sang et des humeurs. Qui veut être savant renonce à être mage. Il fallait choisir ; on a choisi ; chacun de nous choisit à chaque instant. »
- Il parle d’un « parti-pris qui étonne, et qui est peut-être le plus beau courage. Démêler, à tout prix. Repousser cette science animale, qui ramènerait le règne des fous et des méchants. » ; le courage intellectuel consiste à refuser la « science animale ».
- Il définit le croyant de façon polémique : « Un croyant est un homme pour qui sa propre humeur vaut preuve. » ; la croyance religieuse est indexée sur les états d’âme.
- Contre cette « mauvaise science, de Tibère, de Néron, d’Héliogabale », il appelle non pas d’abord l’examen mais une volonté : « non pas l’examen et la discussion d’abord, mais, avant toute démarche, un parti-pris invincible, un refus de croire et de s’émouvoir pour croire. Une impiété délibérée. »
- Il conclut par un cri iconoclaste : « “ À bas les Dieux et les prophètes ! ” Maintenant jugez d’après les fruits ; nous commençons à soupçonner ce que c’est que la Justice. » ; il lie l’impiété à l’avènement d’une certaine idée de la justice.
Source Quotes
Et il faut choisir. L’intelligence ne peut voir clair que si elle repousse d’abord ces perceptions innombrables, continuellement modifiées par le cours du sang et des humeurs. Qui veut être savant renonce à être mage. Il fallait choisir ; on a choisi ; chacun de nous choisit à chaque instant. De là ce parti-pris qui étonne, et qui est peut-être le plus beau courage.
Il fallait choisir ; on a choisi ; chacun de nous choisit à chaque instant. De là ce parti-pris qui étonne, et qui est peut-être le plus beau courage. Démêler, à tout prix. Repousser cette science animale, qui ramènerait le règne des fous et des méchants. Ne pas entendre les sommations de la crainte et de l’espérance.
Ne pas entendre les sommations de la crainte et de l’espérance. Un croyant est un homme pour qui sa propre humeur vaut preuve. Et contre cette mauvaise science, de Tibère, de Néron, d’Héliogabale, il faut de la volonté seulement ; non pas l’examen et la discussion d’abord, mais, avant toute démarche, un parti-pris invincible, un refus de croire et de s’émouvoir pour croire.
Un croyant est un homme pour qui sa propre humeur vaut preuve. Et contre cette mauvaise science, de Tibère, de Néron, d’Héliogabale, il faut de la volonté seulement ; non pas l’examen et la discussion d’abord, mais, avant toute démarche, un parti-pris invincible, un refus de croire et de s’émouvoir pour croire. Une impiété délibérée. « À bas les Dieux et les prophètes ! » Maintenant jugez d’après les fruits ; nous commençons à soupçonner ce que c’est que la Justice. Quand j’eus terminé mes études, je rapportai dans ma ville natale un certain nombre de couronnes de papier, ce qui fit que je dînai une fois ou deux en cérémonie avec les penseurs de l’endroit.
Et contre cette mauvaise science, de Tibère, de Néron, d’Héliogabale, il faut de la volonté seulement ; non pas l’examen et la discussion d’abord, mais, avant toute démarche, un parti-pris invincible, un refus de croire et de s’émouvoir pour croire. Une impiété délibérée. « À bas les Dieux et les prophètes ! » Maintenant jugez d’après les fruits ; nous commençons à soupçonner ce que c’est que la Justice. Quand j’eus terminé mes études, je rapportai dans ma ville natale un certain nombre de couronnes de papier, ce qui fit que je dînai une fois ou deux en cérémonie avec les penseurs de l’endroit.
Key Concepts
- L’intelligence ne peut voir clair que si elle repousse d’abord ces perceptions innombrables, continuellement modifiées par le cours du sang et des humeurs. Qui veut être savant renonce à être mage. Il fallait choisir ; on a choisi ; chacun de nous choisit à chaque instant.
- De là ce parti-pris qui étonne, et qui est peut-être le plus beau courage. Démêler, à tout prix. Repousser cette science animale, qui ramènerait le règne des fous et des méchants.
- Un croyant est un homme pour qui sa propre humeur vaut preuve.
- contre cette mauvaise science, de Tibère, de Néron, d’Héliogabale, il faut de la volonté seulement ; non pas l’examen et la discussion d’abord, mais, avant toute démarche, un parti-pris invincible, un refus de croire et de s’émouvoir pour croire. Une impiété délibérée.
- « À bas les Dieux et les prophètes ! » Maintenant jugez d’après les fruits ; nous commençons à soupçonner ce que c’est que la Justice.
Context
Centre du Propos XIX : Alain tire les conséquences politiques et morales de son refus de la magie et du prophétisme, en posant l’alternative entre savoir et magie, et en valorisant une impiété volontaire comme condition de la clarté intellectuelle et de la justice.