Pour Alain, le radicalisme constitue un système politique complet fondé sur l’égalité radicale et un effort citoyen continuel contre toutes les formes de monarchie renaissante : il combat aussi bien les abus des ministres que la tendance du citoyen à se donner volontiers un maître, et s’appuie concrètement sur la presse libre, les interpellations et les comités de vigilance.
Key Arguments
- Alain caractérise le radicalisme comme « un système complet de politique à proprement parler, fondé sur l’égalité radicale, contre toutes les inégalités, contre toutes les tyrannies, contre tous les esclavages », ce qui en fait une doctrine générale de régime plutôt qu’une simple sensibilité.
- Il insiste sur la double cible du radicalisme : « Aussi bien contre le ministre qui veut abuser de son éloquence ou de sa puissance persuasive, que contre le citoyen qui veut abuser en quelque sorte de sa propre faiblesse, et se donner volontairement un maître. » ; il s’agit de limiter à la fois la tentation autoritaire du gouvernant et la tentation servile du gouverné.
- Il refuse de voir dans cette lutte un rêve irréalisable : « Et je ne vois rien de çhimérique dans cet effort continuel qui détruit à chaque instant un peu de monarchie renaissante. » ; l’action radicale est conçue comme une vigilance quotidienne, non comme un coup de force unique.
- Il invoque des pratiques concrètes pour montrer que cet effort se réalise déjà : « Ce qui se fait est possible ; or tous les jours nous modérons un ministre trop vif, nous dénonçons un acte arbitraire, nous critiquons une loi mal faite ou mal appliquée » ; ces actes de contrôle effectif attestent la réalité du radicalisme.
- Il réfute ceux qui jugent ces efforts vains : « et ceux qui disent que ces efforts sont sans effet se moquent du monde » ; il accuse ces sceptiques de mauvaise foi.
- Il souligne enfin le rôle institutionnel des instruments de contrôle démocratique : « s’il y a encore tant d’abus, que serait-ce si nous n’avions ni une presse libre, ni des interpellateurs, ni des comités de vigilance ? » ; même imparfaits, ces contre‑pouvoirs sont présentés comme indispensables à la réduction des abus.
Source Quotes
Cette idée, c’est la Révolution même ; elle définit les devoirs du citoyen comme sujet en même temps que ses droits comme souverain ; ou, si vous voulez, elle règle les passions de chacun par le bon sens de tous pris comme arbitre. C’est donc un système complet de politique à proprement parler, fondé sur l’égalité radicale, contre toutes les inégalités, contre toutes les tyrannies, contre tous les esclavages. Aussi bien contre le ministre qui veut abuser de son éloquence ou de sa puissance persuasive, que contre le citoyen qui veut abuser en quelque sorte de sa propre faiblesse, et se donner volontairement un maître.
C’est donc un système complet de politique à proprement parler, fondé sur l’égalité radicale, contre toutes les inégalités, contre toutes les tyrannies, contre tous les esclavages. Aussi bien contre le ministre qui veut abuser de son éloquence ou de sa puissance persuasive, que contre le citoyen qui veut abuser en quelque sorte de sa propre faiblesse, et se donner volontairement un maître. Et je ne vois rien de çhimérique dans cet effort continuel qui détruit à chaque instant un peu de monarchie renaissante.
Aussi bien contre le ministre qui veut abuser de son éloquence ou de sa puissance persuasive, que contre le citoyen qui veut abuser en quelque sorte de sa propre faiblesse, et se donner volontairement un maître. Et je ne vois rien de çhimérique dans cet effort continuel qui détruit à chaque instant un peu de monarchie renaissante. Ce qui se fait est possible ; or tous les jours nous modérons un ministre trop vif, nous dénonçons un acte arbitraire, nous critiquons une loi mal faite ou mal appliquée ; et ceux qui disent que ces efforts sont sans effet se moquent du monde ; s’il y a encore tant d’abus, que serait-ce si nous n’avions ni une presse libre, ni des interpellateurs, ni des comités de vigilance ?
Et je ne vois rien de çhimérique dans cet effort continuel qui détruit à chaque instant un peu de monarchie renaissante. Ce qui se fait est possible ; or tous les jours nous modérons un ministre trop vif, nous dénonçons un acte arbitraire, nous critiquons une loi mal faite ou mal appliquée ; et ceux qui disent que ces efforts sont sans effet se moquent du monde ; s’il y a encore tant d’abus, que serait-ce si nous n’avions ni une presse libre, ni des interpellateurs, ni des comités de vigilance ? Le radicalisme s’oppose ainsi au système aristocratique, qui s’appelle monarchie ou tyrannie selon qu’il est plus ou moins fortement organisé.
Key Concepts
- C’est donc un système complet de politique à proprement parler, fondé sur l’égalité radicale, contre toutes les inégalités, contre toutes les tyrannies, contre tous les esclavages.
- Aussi bien contre le ministre qui veut abuser de son éloquence ou de sa puissance persuasive, que contre le citoyen qui veut abuser en quelque sorte de sa propre faiblesse, et se donner volontairement un maître.
- Et je ne vois rien de çhimérique dans cet effort continuel qui détruit à chaque instant un peu de monarchie renaissante.
- Ce qui se fait est possible ; or tous les jours nous modérons un ministre trop vif, nous dénonçons un acte arbitraire, nous critiquons une loi mal faite ou mal appliquée ; et ceux qui disent que ces efforts sont sans effet se moquent du monde
- s’il y a encore tant d’abus, que serait-ce si nous n’avions ni une presse libre, ni des interpellateurs, ni des comités de vigilance ?
Context
Suite immédiate du propos CIX : Alain déploie les conséquences pratiques de sa définition du radicalisme, en termes de lutte permanente contre les résurgences monarchiques et de valorisation des instruments de contrôle démocratique effectifs.