Pour les neurasthéniques et pour nous tous, la bonne attitude consiste à interpréter les états affectifs (insomnie, tristesse, anxiété, pressentiments) comme de simples phénomènes physiologiques ou de hasard, car cette manière d’y penser est le moyen de n’y plus penser et de laisser l’« animal » se guérir.

By Alain, from Propos

Key Arguments

  • Alain précise que la leçon n’est pas adaptée au fou, mais qu’« elle est bonne pour tous ceux qui tombent, plus ou moins, à la neurasthénie, par trop de réflexion sur eux-mêmes » ; c’est l’auto‑observation qui rend malade.
  • Concernant l’insomnie, il affirme : « Une insomnie n’est pas un malheur, si l’on n’y pense pas ; restez indifférent, et l’animal se guérira tout seul. » ; la guérison dépend de l’indifférence et de la non‑rumination.
  • Il propose une règle de requalification systématique : « Dites de toute tristesse, c’est fatigue ; de toute anxiété, c’est estomac trop chargé ; de tout pressentiment, c’est liaison fortuite ; cette manière d’y penser est le moyen de n’y plus penser. »
  • Par analogie, il définit « la vraie pensée d’un chat » comme « la pensée que j’ai d’un mécanisme que j’appelle chat », et étend le mépris qu’il a pour ses propres pensées avortées aux pensées qu’il supposerait au chat.
  • Ainsi, le traitement rationnel des états intérieurs passe par leur requalification mécanique et accidentelle, ce qui en dissout la charge affective et imaginative.

Source Quotes

S’il renvoyait tout cela au mécanisme pur, il serait guéri. À vrai dire, la leçon n’est pas bonne pour lui ; mais elle est bonne pour tous ceux qui tombent, plus ou moins, à la neurasthénie, par trop de réflexion sur eux-mêmes. Une insomnie n’est pas un malheur, si l’on n’y pense pas ; restez indifférent, et l’animal se guérira tout seul.
À vrai dire, la leçon n’est pas bonne pour lui ; mais elle est bonne pour tous ceux qui tombent, plus ou moins, à la neurasthénie, par trop de réflexion sur eux-mêmes. Une insomnie n’est pas un malheur, si l’on n’y pense pas ; restez indifférent, et l’animal se guérira tout seul. Dites de toute tristesse, c’est fatigue ; de toute anxiété, c’est estomac trop chargé ; de tout pressentiment, c’est liaison fortuite ; cette manière d’y penser est le moyen de n’y plus penser.
Une insomnie n’est pas un malheur, si l’on n’y pense pas ; restez indifférent, et l’animal se guérira tout seul. Dites de toute tristesse, c’est fatigue ; de toute anxiété, c’est estomac trop chargé ; de tout pressentiment, c’est liaison fortuite ; cette manière d’y penser est le moyen de n’y plus penser. De même la vraie pensée d’un chat, c’est la pensée que j’ai d’un mécanisme que j’appelle chat.
Dites de toute tristesse, c’est fatigue ; de toute anxiété, c’est estomac trop chargé ; de tout pressentiment, c’est liaison fortuite ; cette manière d’y penser est le moyen de n’y plus penser. De même la vraie pensée d’un chat, c’est la pensée que j’ai d’un mécanisme que j’appelle chat. Si je méprise en moi bien des pensées qui n’aboutissent point, mort-nées en quelque sorte, encore bien mieux mépriserai-je ces pensées de chat que j’essaie de supposer.
De même la vraie pensée d’un chat, c’est la pensée que j’ai d’un mécanisme que j’appelle chat. Si je méprise en moi bien des pensées qui n’aboutissent point, mort-nées en quelque sorte, encore bien mieux mépriserai-je ces pensées de chat que j’essaie de supposer. Bref il faut dormir ou veiller.

Key Concepts

  • À vrai dire, la leçon n’est pas bonne pour lui ; mais elle est bonne pour tous ceux qui tombent, plus ou moins, à la neurasthénie, par trop de réflexion sur eux-mêmes.
  • Une insomnie n’est pas un malheur, si l’on n’y pense pas ; restez indifférent, et l’animal se guérira tout seul.
  • Dites de toute tristesse, c’est fatigue ; de toute anxiété, c’est estomac trop chargé ; de tout pressentiment, c’est liaison fortuite ; cette manière d’y penser est le moyen de n’y plus penser.
  • De même la vraie pensée d’un chat, c’est la pensée que j’ai d’un mécanisme que j’appelle chat.
  • Si je méprise en moi bien des pensées qui n’aboutissent point, mort-nées en quelque sorte, encore bien mieux mépriserai-je ces pensées de chat que j’essaie de supposer.

Context

Transition du Propos XIX vers la question de la neurasthénie : Alain dérive de sa réduction des rêves au mécanisme une thérapeutique psychologique fondée sur l’indifférence et la réinterprétation physiologique des états affectifs, afin de couper court à la rumination.