Toute vertu est fondamentalement un courage de gouvernement de soi : la tête doit mener le « troupeau » des muscles et des passions, et sagesse, justice, tempérance ne sont que des formes différentes de ce même courage, porté à son comble quand la douleur commande au corps mais que celui‑ci reste en ordre.
Key Arguments
- Alain définit d’abord la vertu comme auto‑direction de l’homme par sa partie rationnelle : « Toute vertu consiste à se diriger soi-même ; j’entends par là que ce soit la tête qui conduise le reste. » ; la vertu est un ordre intérieur où l’intelligence commande aux puissances corporelles.
- Il décrit le corps et les passions comme un « paquet d’animaux rebelles, qui, semblables à des chevaux rétifs, nous entraînent souvent à l’opposé de notre vouloir », de sorte qu’« Être homme, c’est mener le troupeau des muscles, en bon ordre, justement là où l’on veut aller. » ; la condition humaine est figurée comme un travail de dressage d’un troupeau intérieur.
- Il décline les vertus classiques comme autant de variantes de ce même principe de commandement rationnel : « Quand on se tient éveillé, et le corps immobile, comme Socrate réfléchissant, la vertu est sagesse. Quand on maintient le troupeau dans l’obéissance et que l’on retient même le cœur ambitieux en pensant au bien d’autrui, la vertu est justice. Quand on résiste au plaisir, quand on dit au ventre, à l’estomac, au gosier : assez joui, assez bu, assez mangé, la vertu est tempérance. Et c’est toujours courage. » ; la sagesse, la justice et la tempérance sont posées comme des espèces du courage.
- Il hiérarchise les situations morales en plaçant la douleur au sommet des épreuves : « Mais quand c’est la douleur, la Souveraine, qui fouette le troupeau, et quand le troupeau reste en ordre, c’est alors surtout que la vertu est courage. » ; résister à la douleur tout en gardant l’ordre du corps est l’expression la plus haute de la vertu‑courage.
Source Quotes
XCIV Toute vertu est courage ; c’est pourquoi le mot « lâche » est la plus grave des injures. Toute vertu consiste à se diriger soi-même ; j’entends par là que ce soit la tête qui conduise le reste.
XCIV Toute vertu est courage ; c’est pourquoi le mot « lâche » est la plus grave des injures. Toute vertu consiste à se diriger soi-même ; j’entends par là que ce soit la tête qui conduise le reste. Et cela ne va pas toujours sans peine, parce que nous traînons, comme enfermés dans un sac, un paquet d’animaux rebelles, qui, semblables à des chevaux rétifs, nous entraînent souvent à l’opposé de notre vouloir, quelquefois à côté, quelquefois au delà.
Toute vertu consiste à se diriger soi-même ; j’entends par là que ce soit la tête qui conduise le reste. Et cela ne va pas toujours sans peine, parce que nous traînons, comme enfermés dans un sac, un paquet d’animaux rebelles, qui, semblables à des chevaux rétifs, nous entraînent souvent à l’opposé de notre vouloir, quelquefois à côté, quelquefois au delà. Être homme, c’est mener le troupeau des muscles, en bon ordre, justement là où l’on veut aller.
Et cela ne va pas toujours sans peine, parce que nous traînons, comme enfermés dans un sac, un paquet d’animaux rebelles, qui, semblables à des chevaux rétifs, nous entraînent souvent à l’opposé de notre vouloir, quelquefois à côté, quelquefois au delà. Être homme, c’est mener le troupeau des muscles, en bon ordre, justement là où l’on veut aller. Quand on se tient éveillé, et le corps immobile, comme Socrate réfléchissant, la vertu est sagesse.
Être homme, c’est mener le troupeau des muscles, en bon ordre, justement là où l’on veut aller. Quand on se tient éveillé, et le corps immobile, comme Socrate réfléchissant, la vertu est sagesse. Quand on maintient le troupeau dans l’obéissance et que l’on retient même le cœur ambitieux en pensant au bien d’autrui, la vertu est justice.
Quand on se tient éveillé, et le corps immobile, comme Socrate réfléchissant, la vertu est sagesse. Quand on maintient le troupeau dans l’obéissance et que l’on retient même le cœur ambitieux en pensant au bien d’autrui, la vertu est justice. Quand on résiste au plaisir, quand on dit au ventre, à l’estomac, au gosier : assez joui, assez bu, assez mangé, la vertu est tempérance.
Quand on maintient le troupeau dans l’obéissance et que l’on retient même le cœur ambitieux en pensant au bien d’autrui, la vertu est justice. Quand on résiste au plaisir, quand on dit au ventre, à l’estomac, au gosier : assez joui, assez bu, assez mangé, la vertu est tempérance. Et c’est toujours courage. Mais quand c’est la douleur, la Souveraine, qui fouette le troupeau, et quand le troupeau reste en ordre, c’est alors surtout que la vertu est courage.
Et c’est toujours courage. Mais quand c’est la douleur, la Souveraine, qui fouette le troupeau, et quand le troupeau reste en ordre, c’est alors surtout que la vertu est courage. L’Intelligence est une lumière utile.
Key Concepts
- Toute vertu est courage
- Toute vertu consiste à se diriger soi-même ; j’entends par là que ce soit la tête qui conduise le reste.
- nous traînons, comme enfermés dans un sac, un paquet d’animaux rebelles, qui, semblables à des chevaux rétifs, nous entraînent souvent à l’opposé de notre vouloir
- Être homme, c’est mener le troupeau des muscles, en bon ordre, justement là où l’on veut aller.
- Quand on se tient éveillé, et le corps immobile, comme Socrate réfléchissant, la vertu est sagesse.
- Quand on maintient le troupeau dans l’obéissance et que l’on retient même le cœur ambitieux en pensant au bien d’autrui, la vertu est justice.
- Quand on résiste au plaisir, quand on dit au ventre, à l’estomac, au gosier : assez joui, assez bu, assez mangé, la vertu est tempérance. Et c’est toujours courage.
- quand c’est la douleur, la Souveraine, qui fouette le troupeau, et quand le troupeau reste en ordre, c’est alors surtout que la vertu est courage.
Context
Début du Propos XCIV : Alain part de l’idée que « Toute vertu est courage » et développe une anthropologie imagée où le corps et les passions sont un troupeau d’animaux que la tête doit gouverner, déclinant les vertus traditionnelles comme différentes modalités de ce courage de gouvernement de soi, particulièrement éprouvé par la douleur.