Il existe deux vérités hétérogènes : la vérité de l’être‑là, objective, stable et indépendante de tout pathos individuel, et une vérité plus ancienne, radicalement hors du monde, dont la substantialité phénoménologique est l’affectivité et qui s’identifie à la subjectivité absolue, ayant histoire, individualité et singularité.
By Michel Henry, from Barbarism
Key Arguments
- Henry formule explicitement la dualité des vérités : « Il y a donc deux «vérités». A lêtre-posé-devant et qui se montre comme tel, sur lequel il est possible de revenir indéfiniment afin de le retrouver identique à lui-même à chacun de ces «retours» à lidéalité mathématique quon a substituée au donné sensible , soppose non pas à lintérieur dun monde mais radicalement, hors de ce monde et de lextériorité transcendantale en laquelle il ek-siste, une vérité plus ancienne dont la substantialité phénoménologique est laffectivité la vérité sise en la subjectivité et identique à elle. »
- Il caractérise la première vérité par son indépendance à l’égard du pathos et de la subjectivité individuelle : « Tandis que la première de ces vérités, la vérité de lêtre-là en tant quêtre-là, se trouve soustraite à la singularité du regard qui se pose sur elle, à son pathos, lequel sabîme dans la Nuit tandis que la vérité objective et scientifique par conséquent est indépendante de la subjectivité individuelle de lindividu et se définit par cette indépendance, »
- La seconde vérité, en revanche, « varie avec la vie », a une histoire, une individualité et une singularité corrélatives du pathos et de l’ipséité : « la vérité plus originelle dont nous parlons et qui sidentifie à la subjectivité absolue, cette vérité-là varie avec la vie, elle a une histoire, qui est lhistorial de labsolu, son étreinte avec soi selon les modalités fondamentales du Souffrir, une individualité, pour autant que lessence de son pathos est celle de lipséité et quainsi elle ne shistorialise jamais que dans un individu et comme son être propre, une singularité, pour autant que toute détermination pathétique est invinciblement celle-ci, et pas une autre. »
Source Quotes
Seulement cette oscillation ou ce changement permanent qui est celui de la Vie, voulu et prescrit par sa propre essence, par lessence de labsolu, nest pas un moindre être, cest lêtre de cet absolu, la seule manière pour lui d«être», cest-à-dire dadvenir en tant que le parvenir en soi de la vie selon les modalités pathétiques en lesquelles elle ne cesse de séprouver et de se sentir. Il y a donc deux «vérités». A lêtre-posé-devant et qui se montre comme tel, sur lequel il est possible de revenir indéfiniment afin de le retrouver identique à lui-même à chacun de ces «retours» à lidéalité mathématique quon a substituée au donné sensible , soppose non pas à lintérieur dun monde mais radicalement, hors de ce monde et de lextériorité transcendantale en laquelle il ek-siste, une vérité plus ancienne dont la substantialité phénoménologique est laffectivité la vérité sise en la subjectivité et identique à elle. Tandis que la première de ces vérités, la vérité de lêtre-là en tant quêtre-là, se trouve soustraite à la singularité du regard qui se pose sur elle, à son pathos, lequel sabîme dans la Nuit tandis que la vérité objective et scientifique par conséquent est indépendante de la subjectivité individuelle de lindividu et se définit par cette indépendance, la vérité plus originelle dont nous parlons et qui sidentifie à la subjectivité absolue, cette vérité-là varie avec la vie, elle a une histoire, qui est lhistorial de labsolu, son étreinte avec soi selon les modalités fondamentales du Souffrir, une individualité, pour autant que lessence de son pathos est celle de lipséité et quainsi elle ne shistorialise jamais que dans un individu et comme son être propre, une singularité, pour autant que toute détermination pathétique est invinciblement celle-ci, et pas une autre.
A lêtre-posé-devant et qui se montre comme tel, sur lequel il est possible de revenir indéfiniment afin de le retrouver identique à lui-même à chacun de ces «retours» à lidéalité mathématique quon a substituée au donné sensible , soppose non pas à lintérieur dun monde mais radicalement, hors de ce monde et de lextériorité transcendantale en laquelle il ek-siste, une vérité plus ancienne dont la substantialité phénoménologique est laffectivité la vérité sise en la subjectivité et identique à elle. Tandis que la première de ces vérités, la vérité de lêtre-là en tant quêtre-là, se trouve soustraite à la singularité du regard qui se pose sur elle, à son pathos, lequel sabîme dans la Nuit tandis que la vérité objective et scientifique par conséquent est indépendante de la subjectivité individuelle de lindividu et se définit par cette indépendance, la vérité plus originelle dont nous parlons et qui sidentifie à la subjectivité absolue, cette vérité-là varie avec la vie, elle a une histoire, qui est lhistorial de labsolu, son étreinte avec soi selon les modalités fondamentales du Souffrir, une individualité, pour autant que lessence de son pathos est celle de lipséité et quainsi elle ne shistorialise jamais que dans un individu et comme son être propre, une singularité, pour autant que toute détermination pathétique est invinciblement celle-ci, et pas une autre. Que cette vérité soit celle de lIndividu veut dire: lui seul la trouve et peut la trouver, non pas hors de lui et comme indépendante de lui, comme étant là avant lui ou sans lui, mais comme ce qui nadvient que sil devient lui-même cette vérité et il ne la devient que pour autant quelle prend place en lui comme une des potentialités phénoménologiques constitutives de son être, comme ce quil peut devenir justement, sous la condition dune auto-transformation de sa vie et comme sa modification. «Vrai» nest donc pas en tout premier lieu ce devant quoi il faut seffacer, afin de le laisser être tel quil est en soi, mais ce à quoi il faut prêter assistance, faire le don de sa propre chair, parce que toute vérité essentielle nadvient que comme cette chair de lIndividu et comme sa propre vie.
Key Concepts
- Il y a donc deux «vérités». A lêtre-posé-devant et qui se montre comme tel, sur lequel il est possible de revenir indéfiniment afin de le retrouver identique à lui-même à chacun de ces «retours» à lidéalité mathématique quon a substituée au donné sensible , soppose non pas à lintérieur dun monde mais radicalement, hors de ce monde et de lextériorité transcendantale en laquelle il ek-siste, une vérité plus ancienne dont la substantialité phénoménologique est laffectivité la vérité sise en la subjectivité et identique à elle.
- Tandis que la première de ces vérités, la vérité de lêtre-là en tant quêtre-là, se trouve soustraite à la singularité du regard qui se pose sur elle, à son pathos, lequel sabîme dans la Nuit tandis que la vérité objective et scientifique par conséquent est indépendante de la subjectivité individuelle de lindividu et se définit par cette indépendance,
- la vérité plus originelle dont nous parlons et qui sidentifie à la subjectivité absolue, cette vérité-là varie avec la vie, elle a une histoire, qui est lhistorial de labsolu, son étreinte avec soi selon les modalités fondamentales du Souffrir, une individualité, pour autant que lessence de son pathos est celle de lipséité et quainsi elle ne shistorialise jamais que dans un individu et comme son être propre, une singularité, pour autant que toute détermination pathétique est invinciblement celle-ci, et pas une autre.
Context
Moment doctrinal central du passage : Henry formalise la dualité entre vérité objective mondaine et vérité pathétique immanente à la vie, en la décrivant selon leurs traits phénoménologiques distincts.