La barbarie est toujours seconde et dérivée : elle n’est pas un état originaire, mais la ruine et la dégénérescence d’une culture première, présente dès les formes les plus frustes d’organisation sociale.
By Michel Henry, from Barbarism
Key Arguments
- Henry affirme d’emblée que « la barbarie nest pas un commencement », mais qu’elle suppose nécessairement un « état de culture qui la précède » et par rapport auquel seulement elle peut être comprise comme appauvrissement.
- Il reprend et approuve la formule de Joseph de Maistre : « La barbarie, dit Joseph de Maistre, est une ruine, non un rudiment. »
- Même les « hordes primitives » possèdent déjà « une organisation, des lois implicites, des types de conduite » tous destinés à « rendre possible lexistence du groupe et sa survie », ce qui suffit à les qualifier de formes de culture.
- Même lorsque ces formes semblent figées et se contenter de « la simple reconduction de structures indéfiniment répétées », des « forces profondes » y demeurent à l’œuvre, prêtes à « découvrir des rapports encore inaperçus, inventer un outil, une idée, faire se lever un monde nouveau », ce qui montre la primauté dynamique de la culture.
Source Quotes
Chapitre premierCULTURE ET BARBARIE La barbarie nest pas un commencement, elle est toujours seconde à un état de culture qui la précède nécessairement et cest seulement par rapport à celui-ci quelle peut apparaître comme un appauvrissement et une dégénérescence. La barbarie, dit Joseph de Maistre, est une ruine, non un rudiment.
Chapitre premierCULTURE ET BARBARIE La barbarie nest pas un commencement, elle est toujours seconde à un état de culture qui la précède nécessairement et cest seulement par rapport à celui-ci quelle peut apparaître comme un appauvrissement et une dégénérescence. La barbarie, dit Joseph de Maistre, est une ruine, non un rudiment. La culture est donc toujours première.
La culture est donc toujours première. Même les formes les plus frustes de lactivité et de lorganisation sociale, celles quon peut prêter par exemple aux hordes primitives, sont déjà des modes de culture, elles présentent justement une organisation, des lois implicites, des types de conduite qui sont tous destinés à rendre possible lexistence du groupe et sa survie. Lors même que ces formes élémentaires semblent figées et que leur transmission aveugle aboutit à la simple reconduction de structures indéfiniment répétées, des forces profondes sont à lœuvre qui ne maintiennent pas seulement létat de choses permettant la continuation de la vie.
Key Concepts
- La barbarie nest pas un commencement, elle est toujours seconde à un état de culture qui la précède nécessairement et cest seulement par rapport à celui-ci quelle peut apparaître comme un appauvrissement et une dégénérescence.
- La barbarie, dit Joseph de Maistre, est une ruine, non un rudiment.
- Même les formes les plus frustes de lactivité et de lorganisation sociale, celles quon peut prêter par exemple aux hordes primitives, sont déjà des modes de culture
Context
Ouverture du chapitre « CULTURE ET BARBARIE », où Henry pose la thèse structurante de la primauté de la culture, condition de possibilité même de la notion de barbarie.