La barbarie se définit fondamentalement comme une Énergie inemployée : elle n’est pas simple arrêt de la vie mais inversion de son mouvement d’auto‑accroissement, surgissant lorsque l’effort se dérobe dans la phase souffrante du pathos.

By Michel Henry, from Barbarism

Key Arguments

  • Henry énonce : «la barbarie est une énergie inemployée», posant une définition phénoménologique de la barbarie en termes de statut de l’Énergie subjective.
  • Il souligne que ce point est décisif pour toute réflexion historique : «ces deux questions constituent le thème incontournable de toute méditation sur le déclin des civilisations.»
  • Il rappelle, en lien avec Joseph de Maistre, que «la barbarie est toujours seconde par rapport à une forme préexistante de culture» : la barbarie présuppose une culture antérieurement instaurée par l’Énergie.
  • Cette priorité n’est pas d’abord historique, mais ontologique : «Ce nest pas une situation historique, celle dune culture donnée, qui précède son renversement dans un processus de décomposition, cest lÉnergie originelle de lÊtre en tant que la Vie», qui fonde a priori culture et barbarie.
  • Henry précise que «Comment y a-t-il et peut-il y avoir, quelque part, un arrêt? Parce que laccroissement saccomplit comme la traversée du souffrir et comme un effort: cest celui-ci, à cause de son pathos, qui sinterrompt, cest dans le souffrir, en sa phase de souffrance, que larrêt se produit et avec lui linversion.»
  • Il affirme que «larrêt comme tel, au fond, nest jamais possible. Ce nest pas comme simple arrêt de la vie et de son développement, toute la problématique la établi, cest comme son autonégation que la barbarie surgit et se déchaîne.»

Source Quotes

Employer notre Énergie, cette Énergie que nous recevons comme ce qui nous porte dans laccroissement de notre être, cest nécessairement traverser ce souffrir, cette traversée est notre effort, ce que, sis en lœuvre de lêtre, nous accomplissons à notre tour. Ici devient visible et compréhensible le trait de tout procès de dépérissement et ce qui en constitue proprement la possibilité, le point-source à partir duquel il se produit immanquablement: la barbarie est une énergie inemployée. Pourquoi celle-ci demeure en un tel état, dune part, ce qui en résulte, dautre part, ces deux questions constituent le thème incontournable de toute méditation sur le déclin des civilisations.
Ici devient visible et compréhensible le trait de tout procès de dépérissement et ce qui en constitue proprement la possibilité, le point-source à partir duquel il se produit immanquablement: la barbarie est une énergie inemployée. Pourquoi celle-ci demeure en un tel état, dune part, ce qui en résulte, dautre part, ces deux questions constituent le thème incontournable de toute méditation sur le déclin des civilisations. Avant même que se poursuive leur élaboration, une évidence, toutefois, sest déjà levée et, avec elle, lintelligence de la remarque liminaire empruntée à Joseph de Maistre et selon laquelle la barbarie est toujours seconde par rapport à une forme préexistante de culture.
Pourquoi celle-ci demeure en un tel état, dune part, ce qui en résulte, dautre part, ces deux questions constituent le thème incontournable de toute méditation sur le déclin des civilisations. Avant même que se poursuive leur élaboration, une évidence, toutefois, sest déjà levée et, avec elle, lintelligence de la remarque liminaire empruntée à Joseph de Maistre et selon laquelle la barbarie est toujours seconde par rapport à une forme préexistante de culture. Ce nest pas une situation historique, celle dune culture donnée, qui précède son renversement dans un processus de décomposition, cest lÉnergie originelle de lÊtre en tant que la Vie ou plutôt, en ce qui concerne cette vie qui est la nôtre (celle des individus et des groupes, par conséquent celle des sociétés), le fait quelle repose dans cet historial de lAbsolu et saccomplit en lui et comme lui.
Avant même que se poursuive leur élaboration, une évidence, toutefois, sest déjà levée et, avec elle, lintelligence de la remarque liminaire empruntée à Joseph de Maistre et selon laquelle la barbarie est toujours seconde par rapport à une forme préexistante de culture. Ce nest pas une situation historique, celle dune culture donnée, qui précède son renversement dans un processus de décomposition, cest lÉnergie originelle de lÊtre en tant que la Vie ou plutôt, en ce qui concerne cette vie qui est la nôtre (celle des individus et des groupes, par conséquent celle des sociétés), le fait quelle repose dans cet historial de lAbsolu et saccomplit en lui et comme lui. La priori de la barbarie comme celui de la culture, la priori de tous les a priori, cest cette Vie absolue en laquelle nous sommes des vivants.
Comment y a-t-il et peut-il y avoir, quelque part, un arrêt? Parce que laccroissement saccomplit comme la traversée du souffrir et comme un effort: cest celui-ci, à cause de son pathos, qui sinterrompt, cest dans le souffrir, en sa phase de souffrance, que larrêt se produit et avec lui linversion. Car larrêt comme tel, au fond, nest jamais possible.
Car larrêt comme tel, au fond, nest jamais possible. Ce nest pas comme simple arrêt de la vie et de son développement, toute la problématique la établi, cest comme son autonégation que la barbarie surgit et se déchaîne. Avant de revenir une dernière fois sur cette circonstance ultime, décrivons larrêt, pour autant quil revêt cet aspect, décrivons-le tel quil nous est loisible de lobserver dans le monde daujourdhui afin de voir justement comment il nest jamais un simple arrêt mais déjà le refus et linversion.

Key Concepts

  • la barbarie est une énergie inemployée.
  • ces deux questions constituent le thème incontournable de toute méditation sur le déclin des civilisations.
  • la barbarie est toujours seconde par rapport à une forme préexistante de culture.
  • Ce nest pas une situation historique, celle dune culture donnée, qui précède son renversement dans un processus de décomposition, cest lÉnergie originelle de lÊtre en tant que la Vie
  • Parce que laccroissement saccomplit comme la traversée du souffrir et comme un effort: cest celui-ci, à cause de son pathos, qui sinterrompt, cest dans le souffrir, en sa phase de souffrance, que larrêt se produit et avec lui linversion.
  • Ce nest pas comme simple arrêt de la vie et de son développement, toute la problématique la établi, cest comme son autonégation que la barbarie surgit et se déchaîne.

Context

Point nodal de la théorie de la barbarie : Henry en donne une définition ontologique (Énergie inemployée et auto‑négation de la vie) qui éclaire ensuite l’analyse des phénomènes de déclin des civilisations.