La culture est essentiellement une praxis de la subjectivité, c’est-à-dire l’ensemble des voies par lesquelles une subjectivité accomplit et intensifie sa relation pathétique à l’être, libérant ainsi l’Énergie de la vie et réalisant son auto‑accroissement.

By Michel Henry, from Barbarism

Key Arguments

  • Henry définit les créations de la culture comme «des formes daction à la mesure de notre relation pathétique à lêtre, capables de lexprimer, de saccroître avec elle et ainsi de laccroître à son tour» : la culture est donc action qui épouse et amplifie le pathos de la vie.
  • Il précise que ces créations «ne désignent en aucune façon des œuvres, les grandes œuvres de lart ou de la culture en général, ou encore des objets, dits culturels», mais «les voies ouvertes à une subjectivité pour autant quelle accomplit en elle par son opération propre lun des modes essentiels de sa relation pathétique à lêtre».
  • La culture est définie comme «lensemble de ces voies ouvertes et offertes», ce qui déplace l’accent des produits (œuvres) vers les opérations subjectives qui actualisent la relation pathétique à l’être.
  • En nommant Énergie «ce qui advient dans la relation pathétique à lêtre en tant que son effectuation phénoménologique, en tant que lépreuve irrépressible de ce qui saccroît de soi et se charge de soi jusquà lexcès», Henry identifie la culture à une «libération dune énergie».
  • Les «formes de cette culture sont les modes concrets de cette libération», ce qui signifie que chaque mode de praxis culturelle est un mode déterminé de libération de l’Énergie pathétique de la vie.
  • Henry insiste qu’à «lintelligence dernière de cette action de la culture, de son caractère “bienfaisant”», il faut maintenir le concept de culture comme action, comme «praxis», contre une métaphysique de la représentation qui la réduirait à des œuvres.

Source Quotes

Plus sintensifie cette relation, plus sintensifie laction elle-même, en sorte quelle est à sa mesure. Des formes daction à la mesure de notre relation pathétique à lêtre, capables de lexprimer, de saccroître avec elle et ainsi de laccroître à son tour, telles sont les créations de la culture dans tous les domaines. De telles créations ne désignent en aucune façon des œuvres, les grandes œuvres de lart ou de la culture en général, ou encore des objets, dits culturels.
De telles créations ne désignent en aucune façon des œuvres, les grandes œuvres de lart ou de la culture en général, ou encore des objets, dits culturels. Ce sont les voies ouvertes à une subjectivité pour autant quelle accomplit en elle par son opération propre lun des modes essentiels de sa relation pathétique à lêtre. La culture est lensemble de ces voies ouvertes et offertes.
Ce sont les voies ouvertes à une subjectivité pour autant quelle accomplit en elle par son opération propre lun des modes essentiels de sa relation pathétique à lêtre. La culture est lensemble de ces voies ouvertes et offertes. Si maintenant on appelle Énergie ce qui advient dans la relation pathétique à lêtre en tant que son effectuation phénoménologique, en tant que lépreuve irrépressible de ce qui saccroît de soi et se charge de soi jusquà lexcès, on voit bien alors que toute culture est la libération dune énergie, les formes de cette culture sont les modes concrets de cette libération.
La culture est lensemble de ces voies ouvertes et offertes. Si maintenant on appelle Énergie ce qui advient dans la relation pathétique à lêtre en tant que son effectuation phénoménologique, en tant que lépreuve irrépressible de ce qui saccroît de soi et se charge de soi jusquà lexcès, on voit bien alors que toute culture est la libération dune énergie, les formes de cette culture sont les modes concrets de cette libération. Ce quest celle-ci, il convient il est vrai de lentendre.
Libérer lénergie veut dire au contraire: lui donner libre cours, déployer son être, lui permettre de saccroître, de telle façon que laction de la culture na pas dautre fin que cette permission accordée à lÉnergie de saccroître, cest-à-dire dêtre elle-même: lautoréalisation de la subjectivité en leffectuation de son auto-affection. A lintelligence dernière de cette action de la culture, de son caractère «bienfaisant», nous ne pouvons nous élever quen nous tenant fermement au concept de culture tel quil a été élaboré, cest-à-dire à linterprétation de la culture comme action, comme «praxis». Il sagit darracher la culture au regard dune métaphysique de la représentation qui la rabat sur ses «œuvres», de restituer à celles-ci leur site propre, à savoir la subjectivité.

Key Concepts

  • Des formes daction à la mesure de notre relation pathétique à lêtre, capables de lexprimer, de saccroître avec elle et ainsi de laccroître à son tour, telles sont les créations de la culture dans tous les domaines.
  • Ce sont les voies ouvertes à une subjectivité pour autant quelle accomplit en elle par son opération propre lun des modes essentiels de sa relation pathétique à lêtre.
  • La culture est lensemble de ces voies ouvertes et offertes.
  • on voit bien alors que toute culture est la libération dune énergie, les formes de cette culture sont les modes concrets de cette libération.
  • cest-à-dire à linterprétation de la culture comme action, comme «praxis».

Context

Début de la section sur les pratiques de la barbarie, où Henry redéfinit la culture à partir de la relation pathétique à l’être et de la notion d’Énergie, en opposition à une conception objectiviste centrée sur les œuvres.