La culture moderne, dominée par la science, accomplit l’auto‑négation de la vie sur deux plans – théorique et pratique – et étend à l’ensemble du monde social le modèle de comportement du savant qui met sa propre vie entre parenthèses, précipitant ainsi la société tout entière dans la barbarie.
By Michel Henry, from Barbarism
Key Arguments
- Michel Henry distingue explicitement deux modalités d’accomplissement de l’auto‑négation de la vie : sur le plan théorique, par «laffirmation quil ny a pas dautre savoir que le savoir scientifique»; sur le plan pratique, par toutes les formes de «négation pratique de la vie».
- La science elle-même est décrite comme une «négation pratique de la vie», qui va de pair avec une «négation théorique» grâce aux idéologies réduisant tout mode de savoir à celui de la science.
- La «culture» moderne ne se contente pas de réduire tout savoir à la science; elle «étend au monde et aux sociétés tout entières lautonégation de la vie en laquelle se résout son projet aberrant», ce qui généralise à l’échelle sociale la structure de fuite de soi.
- Dans sa signification pathétique, la science, comme «mise à lécart par le savant de sa propre vie», fournit «le prototype dun comportement qui précipite la “culture” moderne tout entière dans la barbarie».
- La science joue ainsi le rôle de «fil conducteur pour son intelligence» dans la recherche de Michel Henry, parce qu’elle condense les traits affectifs et pratiques de cette barbarie généralisée.
Source Quotes
Le projet galiléen, toutefois, est celui de la culture moderne dans son ensemble en tant que culture scientifique ce qui fait delle, à vrai dire, non pas une culture, si cette dernière est toujours la culture de la vie, mais proprement sa négation: la nouvelle barbarie, dont le savoir spécifique et triomphant se paie du prix le plus élevé, loccultation par lhomme de son être propre. Or, la «culture» moderne ne prétend pas seulement réduire toute forme de savoir à celui de la science et ainsi toute culture à une culture scientifique, elle étend au monde et aux sociétés tout entières lautonégation de la vie en laquelle se résout son projet aberrant. Aussi doit-elle laisser transparaître en elle, en même temps que cette autonégation, le pathos qui la soutient.
Aussi doit-elle laisser transparaître en elle, en même temps que cette autonégation, le pathos qui la soutient. En fin de compte lautonégation de la vie saccomplit de deux façons: sur le plan théorique, avec cette affirmation quil ny a pas dautre savoir que le savoir scientifique; sur le plan pratique, partout où se réalise, dune manière ou de lautre, la négation pratique de la vie. La science elle-même est une négation pratique de la vie, négation qui saccompagne dune négation théorique sous la forme de toutes les idéologies qui ramènent à celui de la science tout mode possible de savoir.
En fin de compte lautonégation de la vie saccomplit de deux façons: sur le plan théorique, avec cette affirmation quil ny a pas dautre savoir que le savoir scientifique; sur le plan pratique, partout où se réalise, dune manière ou de lautre, la négation pratique de la vie. La science elle-même est une négation pratique de la vie, négation qui saccompagne dune négation théorique sous la forme de toutes les idéologies qui ramènent à celui de la science tout mode possible de savoir. Mais la science nest pas la seule négation pratique de la vie.
Mais la science nest pas la seule négation pratique de la vie. Dans sa signification pathétique, en tant que mise à lécart par le savant de sa propre vie, elle offre le prototype dun comportement qui précipite la «culture» moderne tout entière dans la barbarie, jouant ainsi le rôle dun fil conducteur pour son intelligence et cest à ce titre quelle a été prise dans notre recherche. Celle-ci doit donc sorienter désormais selon une double thématique visant, en premier lieu,
Key Concepts
- Or, la «culture» moderne ne prétend pas seulement réduire toute forme de savoir à celui de la science et ainsi toute culture à une culture scientifique, elle étend au monde et aux sociétés tout entières lautonégation de la vie en laquelle se résout son projet aberrant.
- En fin de compte lautonégation de la vie saccomplit de deux façons: sur le plan théorique, avec cette affirmation quil ny a pas dautre savoir que le savoir scientifique; sur le plan pratique, partout où se réalise, dune manière ou de lautre, la négation pratique de la vie.
- La science elle-même est une négation pratique de la vie, négation qui saccompagne dune négation théorique sous la forme de toutes les idéologies qui ramènent à celui de la science tout mode possible de savoir.
- Dans sa signification pathétique, en tant que mise à lécart par le savant de sa propre vie, elle offre le prototype dun comportement qui précipite la «culture» moderne tout entière dans la barbarie, jouant ainsi le rôle dun fil conducteur pour son intelligence
Context
Conclusion de la section, où Michel Henry généralise le schème d’auto‑négation de la vie, dégagé dans la science, à l’ensemble de la culture moderne, et précise la double dimension théorique et pratique de cette barbarie.