La science, en tant que telle, n’a aucun rapport avec la culture parce qu’elle se développe en dehors de la sphère de la vie et de la sensibilité, et ce n’est pas la science elle‑même qui est en cause mais l’idéologie moderne qui en fait le seul domaine d’être réel et le seul savoir possible, rejetant dans le non‑être la vie et sa culture.

By Michel Henry, from Barbarism

Key Arguments

  • Henry rappelle la thèse du chapitre précédent : « La science na en tant que telle aucun rapport avec la culture et cela parce quelle se développe en dehors de la sphère qui est celle de la culture. »
  • Cette séparation ne suffit pas à condamner la science : « Une telle situation, que nous nous sommes efforcé détablir dans le précédent chapitre, ne légitime en elle-même aucune appréciation péjorative visant à disqualifier la science, aucune condamnation. »
  • L’intervention philosophique devient nécessaire lorsque la science est hypostasiée en unique domaine de l’être : « Cest seulement lorsque le domaine de la science est compris comme le seul domaine dêtre véritablement existant et se trouve dès lors rejeter dans le non-être ou dans lapparence de lillusion celui où se tiennent la vie et sa culture que le philosophe a le devoir dintervenir. »
  • Ce qui est visé est explicitement l’idéologie scientiste : « Ce nest pas, encore une fois, le savoir scientifique qui est en cause, cest lidéologie qui sy joint aujourdhui et selon laquelle il est le seul savoir possible, celui qui doit éliminer tous les autres. »
  • Henry souligne que cette croyance est devenue la seule foi moderne : « Car cest là du moins lunique croyance qui subsiste dans le monde moderne, au milieu de leffondrement de toutes les croyances, la conviction déjà rencontrée et universellement répandue selon laquelle savoir veut dire science. »

Source Quotes

Chapitre deuxLA SCIENCE JUGÉE AU CRITÈRE DE LART La science na en tant que telle aucun rapport avec la culture et cela parce quelle se développe en dehors de la sphère qui est celle de la culture. Une telle situation, que nous nous sommes efforcé détablir dans le précédent chapitre, ne légitime en elle-même aucune appréciation péjorative visant à disqualifier la science, aucune condamnation.
Chapitre deuxLA SCIENCE JUGÉE AU CRITÈRE DE LART La science na en tant que telle aucun rapport avec la culture et cela parce quelle se développe en dehors de la sphère qui est celle de la culture. Une telle situation, que nous nous sommes efforcé détablir dans le précédent chapitre, ne légitime en elle-même aucune appréciation péjorative visant à disqualifier la science, aucune condamnation. Cest seulement lorsque le domaine de la science est compris comme le seul domaine dêtre véritablement existant et se trouve dès lors rejeter dans le non-être ou dans lapparence de lillusion celui où se tiennent la vie et sa culture que le philosophe a le devoir dintervenir.
Une telle situation, que nous nous sommes efforcé détablir dans le précédent chapitre, ne légitime en elle-même aucune appréciation péjorative visant à disqualifier la science, aucune condamnation. Cest seulement lorsque le domaine de la science est compris comme le seul domaine dêtre véritablement existant et se trouve dès lors rejeter dans le non-être ou dans lapparence de lillusion celui où se tiennent la vie et sa culture que le philosophe a le devoir dintervenir. Ce nest pas, encore une fois, le savoir scientifique qui est en cause, cest lidéologie qui sy joint aujourdhui et selon laquelle il est le seul savoir possible, celui qui doit éliminer tous les autres.
Cest seulement lorsque le domaine de la science est compris comme le seul domaine dêtre véritablement existant et se trouve dès lors rejeter dans le non-être ou dans lapparence de lillusion celui où se tiennent la vie et sa culture que le philosophe a le devoir dintervenir. Ce nest pas, encore une fois, le savoir scientifique qui est en cause, cest lidéologie qui sy joint aujourdhui et selon laquelle il est le seul savoir possible, celui qui doit éliminer tous les autres. Car cest là du moins lunique croyance qui subsiste dans le monde moderne, au milieu de leffondrement de toutes les croyances, la conviction déjà rencontrée et universellement répandue selon laquelle savoir veut dire science.
Ce nest pas, encore une fois, le savoir scientifique qui est en cause, cest lidéologie qui sy joint aujourdhui et selon laquelle il est le seul savoir possible, celui qui doit éliminer tous les autres. Car cest là du moins lunique croyance qui subsiste dans le monde moderne, au milieu de leffondrement de toutes les croyances, la conviction déjà rencontrée et universellement répandue selon laquelle savoir veut dire science. Si, afin dévaluer le rapport de la science à la culture, nous prenons le critère de lart, nous sommes pris de vertige, car nous nous trouvons placés véritablement en face dun néant.

Key Concepts

  • La science na en tant que telle aucun rapport avec la culture et cela parce quelle se développe en dehors de la sphère qui est celle de la culture.
  • Une telle situation, que nous nous sommes efforcé détablir dans le précédent chapitre, ne légitime en elle-même aucune appréciation péjorative visant à disqualifier la science, aucune condamnation.
  • Cest seulement lorsque le domaine de la science est compris comme le seul domaine dêtre véritablement existant et se trouve dès lors rejeter dans le non-être ou dans lapparence de lillusion celui où se tiennent la vie et sa culture que le philosophe a le devoir dintervenir.
  • Ce nest pas, encore une fois, le savoir scientifique qui est en cause, cest lidéologie qui sy joint aujourdhui et selon laquelle il est le seul savoir possible, celui qui doit éliminer tous les autres.
  • la conviction déjà rencontrée et universellement répandue selon laquelle savoir veut dire science.

Context

Ouverture du chapitre II : Henry réaffirme la séparation ontologique entre science et culture, puis cible l’idéologie scientiste qui absolutise la science et disqualifie la vie et la culture, ce qui motive la critique philosophique.