La temporalité propre de la vie est une auto‑affection pathétique non ekstatique – une omniprésence à soi comme croissance continue de l’accroissement – qui constitue la plénitude de l’Énergie et fonde l’exigence permanente d’accomplissement dont le non‑accomplissement engendre l’ennui.
By Michel Henry, from Barbarism
Key Arguments
- Henry oppose à la temporalité ekstatique du monde une temporalité immanente de la vie : « Ce qui caractérise la temporalité de ce second procès, cest quelle nest pas ek-statique, nayant jamais rien en elle dont elle soit séparée par la distance dun passé ou dun avenir, mais se temporalisant comme séprouvant soi-même, dans et par cette épreuve ».
- Cette temporalité est purement pathétique, sans recul ni distance : « de telle sorte que, adossée à soi et comme écrasée contre soi, sans que se creuse lécart daucun recul possible, elle est pathos et tout entière pathos sa temporalité nétant rien dautre que le mouvement de ce pathos, soit lhistorial de lAbsolu en la plénitude jamais rompue et comme telle ininterrompue de son souffrir et de son jouir. »
- Elle est plénitude d’Énergie, présence surpuissante de la vie à soi : « Mais cette plénitude jamais défaite est celle de lÉnergie, elle est la Présence surpuissante de la vie à elle-même et ce qui fait sentir sa force à tout instant. »
- Cette omniprésence ne connaît ni « n’être plus » ni « n’être pas encore » de la force : « sans quil y ait jamais en elle, dans sa pure épreuve de soi, un nêtre plus ou un nêtre pas encore de cette force, une manière pour elle de nêtre pas mais seulement cette épreuve qui ne cesse pas et qui ne se temporalise pas autrement, en son omni-présence à soi-même, que comme la croissance de laccroissement. »
- De cette structure découle une demande constante d’accomplissement : « Celle-ci demande «à tout instant», cest-à-dire conformément à cette croissance, sa satisfaction, cest-à-dire son accomplissement. »
Source Quotes
Lopération quelle soit celle du créateur, du spectateur ou du lecteur nest alors que la continuation du procès ininterrompu par lequel la vie se cultive, cest-à-dire se confie à un autre procès, celui de son éternelle venue en soi dans laccroissement de soi. Ce qui caractérise la temporalité de ce second procès, cest quelle nest pas ek-statique, nayant jamais rien en elle dont elle soit séparée par la distance dun passé ou dun avenir, mais se temporalisant comme séprouvant soi-même, dans et par cette épreuve, de telle sorte que, adossée à soi et comme écrasée contre soi, sans que se creuse lécart daucun recul possible, elle est pathos et tout entière pathos sa temporalité nétant rien dautre que le mouvement de ce pathos, soit lhistorial de lAbsolu en la plénitude jamais rompue et comme telle ininterrompue de son souffrir et de son jouir. Mais cette plénitude jamais défaite est celle de lÉnergie, elle est la Présence surpuissante de la vie à elle-même et ce qui fait sentir sa force à tout instant.
Ce qui caractérise la temporalité de ce second procès, cest quelle nest pas ek-statique, nayant jamais rien en elle dont elle soit séparée par la distance dun passé ou dun avenir, mais se temporalisant comme séprouvant soi-même, dans et par cette épreuve, de telle sorte que, adossée à soi et comme écrasée contre soi, sans que se creuse lécart daucun recul possible, elle est pathos et tout entière pathos sa temporalité nétant rien dautre que le mouvement de ce pathos, soit lhistorial de lAbsolu en la plénitude jamais rompue et comme telle ininterrompue de son souffrir et de son jouir. Mais cette plénitude jamais défaite est celle de lÉnergie, elle est la Présence surpuissante de la vie à elle-même et ce qui fait sentir sa force à tout instant. A tout instant: sans quil y ait jamais en elle, dans sa pure épreuve de soi, un nêtre plus ou un nêtre pas encore de cette force, une manière pour elle de nêtre pas mais seulement cette épreuve qui ne cesse pas et qui ne se temporalise pas autrement, en son omni-présence à soi-même, que comme la croissance de laccroissement.
Mais cette plénitude jamais défaite est celle de lÉnergie, elle est la Présence surpuissante de la vie à elle-même et ce qui fait sentir sa force à tout instant. A tout instant: sans quil y ait jamais en elle, dans sa pure épreuve de soi, un nêtre plus ou un nêtre pas encore de cette force, une manière pour elle de nêtre pas mais seulement cette épreuve qui ne cesse pas et qui ne se temporalise pas autrement, en son omni-présence à soi-même, que comme la croissance de laccroissement. Celle-ci demande «à tout instant», cest-à-dire conformément à cette croissance, sa satisfaction, cest-à-dire son accomplissement.
Key Concepts
- Ce qui caractérise la temporalité de ce second procès, cest quelle nest pas ek-statique, nayant jamais rien en elle dont elle soit séparée par la distance dun passé ou dun avenir, mais se temporalisant comme séprouvant soi-même, dans et par cette épreuve
- adossée à soi et comme écrasée contre soi, sans que se creuse lécart daucun recul possible, elle est pathos et tout entière pathos
- le mouvement de ce pathos, soit lhistorial de lAbsolu en la plénitude jamais rompue et comme telle ininterrompue de son souffrir et de son jouir.
- cette plénitude jamais défaite est celle de lÉnergie, elle est la Présence surpuissante de la vie à elle-même
- en son omni-présence à soi-même, que comme la croissance de laccroissement.
Context
Juste après l’évocation du procès de culturation de la vie, Henry explicite la structure temporelle immanente de la vie comme pathos omniprésent, base du lien entre énergie, culture et ennui.