Le freudisme constitue la seconde grande idéologie du XXe siècle et concentre la contradiction du projet objectiviste : il reconnaît, d’une part, que le fond de la psyché – l’inconscient affectif – est irréductible à l’objectivité et atteste l’immanence de la subjectivité absolue, tout en maintenant, d’autre part, le présupposé scientiste qui réduit cet inconscient à un simple représentant de processus bio‑énergétiques naturels, ce qui le replonge dans le règne de la représentation objective.

By Michel Henry, from Barbarism

Key Arguments

  • Henry annonce que « La contradiction du projet objectiviste, pour autant quil procède de la subjectivité quil prétend éliminer, trouve son expression la plus complexe dans la seconde grande idéologie qui domine le XXesiècle, le freudisme. »
  • Première face : « Ce qui caractérise celui-ci en effet, cest, dune part, laffirmation décisive selon laquelle le fond de la psyché échappe à lobjectivité et lui est irréductible, soit la reconnaissance au moins sur le plan du fait de limmanence radicale de la subjectivité absolue dans son hétérogénéité ontologique au monde de la représentation comme à tout ce qui se pro-pose dans le dehors dune extériorité quelconque. »
  • Seconde face : « Cest, dautre part, le maintien du présupposé scientiste qui veut que rien nexiste sinon de lobjectif ou du déterminable objectivement: linconscient psychique, reconnu finalement comme laffect, nest encore que le représentant de processus bio-énergétiques, donc dune réalité naturelle. »
  • Henry montre que cette « visée intentionnelle qui demeure prisonnière de la représentation » se reproduit dans la thérapie « aussi longtemps que celle-ci obéit au seul dessein de la prise de conscience. »
  • Il rattache cette téléologie à un lieu commun occidental : « Semblable téléologie commande la pensée de lOccident et sert de lieu commun à la psychanalyse, à la science, à la philosophie classique. »

Source Quotes

Ce nest pas par hasard si lépoque que nous vivons marque à la fois le triomphe de la science et celui de la politique: derrière le refus du «subjectif», dans la quête et la revendication dune objectivité absolue se dissimule une même souffrance, le même mécontentement secret de lindividu, dont elles procèdent lune et lautre, auquel elles renvoient. La contradiction du projet objectiviste, pour autant quil procède de la subjectivité quil prétend éliminer, trouve son expression la plus complexe dans la seconde grande idéologie qui domine le XXesiècle, le freudisme. Ce qui caractérise celui-ci en effet, cest, dune part, laffirmation décisive selon laquelle le fond de la psyché échappe à lobjectivité et lui est irréductible, soit la reconnaissance au moins sur le plan du fait de limmanence radicale de la subjectivité absolue dans son hétérogénéité ontologique au monde de la représentation comme à tout ce qui se pro-pose dans le dehors dune extériorité quelconque.
La contradiction du projet objectiviste, pour autant quil procède de la subjectivité quil prétend éliminer, trouve son expression la plus complexe dans la seconde grande idéologie qui domine le XXesiècle, le freudisme. Ce qui caractérise celui-ci en effet, cest, dune part, laffirmation décisive selon laquelle le fond de la psyché échappe à lobjectivité et lui est irréductible, soit la reconnaissance au moins sur le plan du fait de limmanence radicale de la subjectivité absolue dans son hétérogénéité ontologique au monde de la représentation comme à tout ce qui se pro-pose dans le dehors dune extériorité quelconque. Cest, dautre part, le maintien du présupposé scientiste qui veut que rien nexiste sinon de lobjectif ou du déterminable objectivement: linconscient psychique, reconnu finalement comme laffect, nest encore que le représentant de processus bio-énergétiques, donc dune réalité naturelle.
Ce qui caractérise celui-ci en effet, cest, dune part, laffirmation décisive selon laquelle le fond de la psyché échappe à lobjectivité et lui est irréductible, soit la reconnaissance au moins sur le plan du fait de limmanence radicale de la subjectivité absolue dans son hétérogénéité ontologique au monde de la représentation comme à tout ce qui se pro-pose dans le dehors dune extériorité quelconque. Cest, dautre part, le maintien du présupposé scientiste qui veut que rien nexiste sinon de lobjectif ou du déterminable objectivement: linconscient psychique, reconnu finalement comme laffect, nest encore que le représentant de processus bio-énergétiques, donc dune réalité naturelle. Cette visée intentionnelle qui demeure prisonnière de la représentation se reproduit sur le plan de la thérapie et la conditionne aussi longtemps que celle-ci obéit au seul dessein de la prise de conscience.
Cette visée intentionnelle qui demeure prisonnière de la représentation se reproduit sur le plan de la thérapie et la conditionne aussi longtemps que celle-ci obéit au seul dessein de la prise de conscience. Semblable téléologie commande la pensée de lOccident et sert de lieu commun à la psychanalyse, à la science, à la philosophie classique. A cette téléologie de la lumière soppose toutefois la position dun inconscient originel qui ne sy soumet jamais qui est le nom de la vie.

Key Concepts

  • La contradiction du projet objectiviste, pour autant quil procède de la subjectivité quil prétend éliminer, trouve son expression la plus complexe dans la seconde grande idéologie qui domine le XXesiècle, le freudisme.
  • laffirmation décisive selon laquelle le fond de la psyché échappe à lobjectivité et lui est irréductible, soit la reconnaissance au moins sur le plan du fait de limmanence radicale de la subjectivité absolue
  • Cest, dautre part, le maintien du présupposé scientiste qui veut que rien nexiste sinon de lobjectif ou du déterminable objectivement:
  • linconscient psychique, reconnu finalement comme laffect, nest encore que le représentant de processus bio-énergétiques, donc dune réalité naturelle.
  • Semblable téléologie commande la pensée de lOccident et sert de lieu commun à la psychanalyse, à la science, à la philosophie classique.

Context

Première partie de l’analyse du freudisme : Henry y voit une idéologie-clé où s’exprime au plus haut point la tension entre reconnaissance de la vie immanente et maintien de l’objectivisme.