Le jeu de l’Absolu avec lui‑même – la transformation réciproque de la Souffrance en Joie et du Désespoir en Béatitude – constitue l’être réel de chacun de nous : la subjectivité de la vie s’historialise et s’essencifie chaque fois dans l’ipséité d’un Individu, de sorte que nous ne sommes pas des fragments d’univers objectif mais des vivants ayant le sentiment d’eux‑mêmes.
By Michel Henry, from Barbarism
Key Arguments
- Henry décrit « la manière dont shistorialise labsolu et en lui chacune des tonalités ontologiques fondamentales qui constituent son être, dont chacune passe dans lautre et sinverse en elle, la Souffrance dans la Joie et le Désespoir dans la Béatitude » comme « ce jeu de lAbsolu avec lui-même ».
- Il affirme que ce jeu « est lêtre réel et véritable de chacun de nous », l’assignant ainsi à la structure intime de tout individu.
- Cette réalité s’accomplit « pour autant que, comme auto-affection de lAbsolu, la subjectivité de la vie shistorialise et sessencifie chaque fois dans lIpséité dun Individu et sous la forme de celui-ci. »
- Henry oppose explicitement cette détermination à la conception objectiviste de l’individu : « Que nous soyons cela, non pas des individus empiriques, quelques fragments de lunivers objectif liés à lui selon des connexions multiples, voués au même destin aveugle, aussi inintelligibles que lui, mais tout au contraire des vivants ayant le sentiment deux-mêmes ».
- Il conclut en caractérisant cette vie individuelle comme « la lente mutation du désir souffrant en laccomplissement sans partage où lÊֺtre se donne à sentir à lui-même dans la simple joie de son Exister », et ajoute : « cest ce qui est écrit sur les parois du monastère », reliant ainsi directement sa phénoménologie de l’individu à l’iconographie de Daphni.
Source Quotes
Voilà pourquoi Souffrance et Joie ne sont jamais séparées, lune est la condition de lautre, le se souffrir soi-même fournissant sa matière phénoménologique au jouir de soi, se produisant comme la chair dont la Joie est faite, laquelle de son côté nest que leffectuation phénoménologique de ce souffrir et son accomplissement dans le pathos de lÊֺtre, lépreuve enfin que celui-ci fait de soi dans la certitude et livresse de soi-même. La manière dont il souffre et dont sa souffrance se change en la Joie, de telle façon que, en un tel changement, chaque terme subsiste comme la condition phénoménologique de lautre et comme sa propre substance, la manière dont shistorialise labsolu et en lui chacune des tonalités ontologiques fondamentales qui constituent son être, dont chacune passe dans lautre et sinverse en elle, la Souffrance dans la Joie et le Désespoir dans la Béatitude ce jeu de lAbsolu avec lui-même est lêtre réel et véritable de chacun de nous, il est le propre de chaque monade et saccomplit chaque fois comme lune delles, et cela pour autant que, comme auto-affection de lAbsolu, la subjectivité de la vie shistorialise et sessencifie chaque fois dans lIpséité dun Individu et sous la forme de celui-ci. Que nous soyons cela, non pas des individus empiriques, quelques fragments de lunivers objectif liés à lui selon des connexions multiples, voués au même destin aveugle, aussi inintelligibles que lui, mais tout au contraire des vivants ayant le sentiment deux-mêmes et ainsi, chacun pour soi, la lente mutation du désir souffrant en laccomplissement sans partage où lÊֺtre se donne à sentir à lui-même dans la simple joie de son Exister, cest ce qui est écrit sur les parois du monastère
La manière dont il souffre et dont sa souffrance se change en la Joie, de telle façon que, en un tel changement, chaque terme subsiste comme la condition phénoménologique de lautre et comme sa propre substance, la manière dont shistorialise labsolu et en lui chacune des tonalités ontologiques fondamentales qui constituent son être, dont chacune passe dans lautre et sinverse en elle, la Souffrance dans la Joie et le Désespoir dans la Béatitude ce jeu de lAbsolu avec lui-même est lêtre réel et véritable de chacun de nous, il est le propre de chaque monade et saccomplit chaque fois comme lune delles, et cela pour autant que, comme auto-affection de lAbsolu, la subjectivité de la vie shistorialise et sessencifie chaque fois dans lIpséité dun Individu et sous la forme de celui-ci. Que nous soyons cela, non pas des individus empiriques, quelques fragments de lunivers objectif liés à lui selon des connexions multiples, voués au même destin aveugle, aussi inintelligibles que lui, mais tout au contraire des vivants ayant le sentiment deux-mêmes et ainsi, chacun pour soi, la lente mutation du désir souffrant en laccomplissement sans partage où lÊֺtre se donne à sentir à lui-même dans la simple joie de son Exister, cest ce qui est écrit sur les parois du monastère
Key Concepts
- la Souffrance dans la Joie et le Désespoir dans la Béatitude ce jeu de lAbsolu avec lui-même est lêtre réel et véritable de chacun de nous,
- il est le propre de chaque monade et saccomplit chaque fois comme lune delles, et cela pour autant que, comme auto-affection de lAbsolu, la subjectivité de la vie shistorialise et sessencifie chaque fois dans lIpséité dun Individu et sous la forme de celui-ci.
- Que nous soyons cela, non pas des individus empiriques, quelques fragments de lunivers objectif liés à lui selon des connexions multiples, voués au même destin aveugle, aussi inintelligibles que lui, mais tout au contraire des vivants ayant le sentiment deux-mêmes
- et ainsi, chacun pour soi, la lente mutation du désir souffrant en laccomplissement sans partage où lÊֺtre se donne à sentir à lui-même dans la simple joie de son Exister, cest ce qui est écrit sur les parois du monastère
Context
Clôture du passage : Henry articule sa phénoménologie de la vie absolue avec une ontologie de l’individu et lit les fresques de Daphni comme représentation de cette auto‑historisation de l’Absolu dans chaque ipséité individuelle.