L’existence médiatique impose ses propres valeurs comme valeurs suprêmes : la « liberté fondamentale » est réduite à la liberté de la presse et de l’information, c’est‑à‑dire à la liberté sans limite des médias d’abrutir, avilir et asservir, tandis que chacun vit d’une existence autre que la sienne, dépendant mentalement d’un appareil qui lui fournit images, désirs, fantasmes et satisfactions imaginaires ; cette société est moins celle des assistés sociaux que des « assistés mentaux ».

By Michel Henry, from Barbarism

Key Arguments

  • Henry affirme que la communication médiatique envahit tout et que les valeurs deviennent celles des médias : « Parce que la communication médiatique définissant lexistence médiatique envahit tout, les valeurs aussi sont désormais celles des médias. »
  • La liberté fondamentale est redéfinie comme liberté des médias : « La liberté, la liberté fondamentale et essentielle, «la clé de voûte de toutes les autres», cest la liberté de la presse, la liberté de linformation, cest-à-dire en vérité la liberté des médias et ainsi de lexistence médiatique elle-même, la liberté sans limite dabrutir, davilir, dasservir. »
  • L’existence médiatique fait que chacun vit d’une existence autre, son contenu mental étant fourni par l’appareil : « Car il y a encore ceci dans lexistence médiatique que chacun vit en elle dune existence autre que la sienne, en sorte que le contenu qui vient occuper son esprit nest plus produit par lui mais par lappareil qui se charge de tout et ainsi de lui fournir ses images, ses espoirs, ses fantasmes, ses désirs, ses satisfactions imaginaires mais qui deviennent les seules satisfactions possibles quand lexistence médiatique est devenue lexistence réelle. »
  • Henry qualifie cette société d’« assistés mentaux » plutôt que d’assistés sociaux : « Cette société nest pas tant celle des assistés sociaux que des assistés mentaux. »

Source Quotes

Et avec eux lactualité, le toujours nouveau et le toujours nul, le sensationnel et linsignifiant, le matérialisme ambiant, la vulgarité, le direct, la pensée réduite à des clichés et le langage à des onomatopées, la parole enfin donnée à ceux dont le discours est assuré dêtre entendu: ceux qui ne savent rien et nont rien à dire. Parce que la communication médiatique définissant lexistence médiatique envahit tout, les valeurs aussi sont désormais celles des médias. La liberté, la liberté fondamentale et essentielle, «la clé de voûte de toutes les autres», cest la liberté de la presse, la liberté de linformation, cest-à-dire en vérité la liberté des médias et ainsi de lexistence médiatique elle-même, la liberté sans limite dabrutir, davilir, dasservir.
Parce que la communication médiatique définissant lexistence médiatique envahit tout, les valeurs aussi sont désormais celles des médias. La liberté, la liberté fondamentale et essentielle, «la clé de voûte de toutes les autres», cest la liberté de la presse, la liberté de linformation, cest-à-dire en vérité la liberté des médias et ainsi de lexistence médiatique elle-même, la liberté sans limite dabrutir, davilir, dasservir. Et cela en un sens radical.
Et cela en un sens radical. Car il y a encore ceci dans lexistence médiatique que chacun vit en elle dune existence autre que la sienne, en sorte que le contenu qui vient occuper son esprit nest plus produit par lui mais par lappareil qui se charge de tout et ainsi de lui fournir ses images, ses espoirs, ses fantasmes, ses désirs, ses satisfactions imaginaires mais qui deviennent les seules satisfactions possibles quand lexistence médiatique est devenue lexistence réelle. Cette société nest pas tant celle des assistés sociaux que des assistés mentaux.
Car il y a encore ceci dans lexistence médiatique que chacun vit en elle dune existence autre que la sienne, en sorte que le contenu qui vient occuper son esprit nest plus produit par lui mais par lappareil qui se charge de tout et ainsi de lui fournir ses images, ses espoirs, ses fantasmes, ses désirs, ses satisfactions imaginaires mais qui deviennent les seules satisfactions possibles quand lexistence médiatique est devenue lexistence réelle. Cette société nest pas tant celle des assistés sociaux que des assistés mentaux. Avec lomnidéveloppement de lexistence médiatique et de ses valeurs, cest globalement la culture laquelle sy oppose trait pour trait qui est hors jeu.

Key Concepts

  • Parce que la communication médiatique définissant lexistence médiatique envahit tout, les valeurs aussi sont désormais celles des médias.
  • La liberté, la liberté fondamentale et essentielle, «la clé de voûte de toutes les autres», cest la liberté de la presse, la liberté de linformation, cest-à-dire en vérité la liberté des médias et ainsi de lexistence médiatique elle-même, la liberté sans limite dabrutir, davilir, dasservir.
  • chacun vit en elle dune existence autre que la sienne, en sorte que le contenu qui vient occuper son esprit nest plus produit par lui mais par lappareil qui se charge de tout
  • ses images, ses espoirs, ses fantasmes, ses désirs, ses satisfactions imaginaires mais qui deviennent les seules satisfactions possibles quand lexistence médiatique est devenue lexistence réelle.
  • Cette société nest pas tant celle des assistés sociaux que des assistés mentaux.

Context

Même segment d’« UNDERGROUND » : Henry déploie les conséquences axiologiques et anthropologiques de l’hégémonie médiatique en termes de perversion de la liberté et de dépendance mentale généralisée.