L’image télévisée est la forme paradigmatique de la fuite hors de soi par laquelle la vie ennuyée cherche à oublier sa propre force : succession incessante d’images inconsistantes, irréelles et vides qui visent à défaire la cohérence de la venue en soi de la vie, sans jamais réussir à décharger l’affect, de sorte que l’ennui subsiste comme sa condition même.
By Michel Henry, from Barbarism
Key Arguments
- Henry relie explicitement la télévision à la fuite hors de soi de l’énergie inemployée : « Il sagit alors pour cette force qui ne saccomplit pas de soublier en quelque sorte, elle et son pathos, et cela dans la fuite hors de soi pour autant que dans cette extériorité quelque chose se lève devant le regard à chaque instant et le captive: limage télévisée. »
- Le temps mondain impose alors un flux continu d’images : « ce qui sy montre et qui, conformément à la loi de ce temps, disparaît tout aussitôt doit être aussi à tout moment remplacé par quelque chose dautre, daussi inconsistant et daussi irréel, daussi vide que lui. »
- L’image télévisée est « inconsistente » parce qu’elle n’est plus venue en soi de la force, mais mise à distance qui chasse la consistance de la vie : « Inconsistant parce que limage nest plus ici, comme dans lart, la venue en soi de la force et ainsi la con-sistance de la vie mais au contraire ce qui, comme mise à distance de soi, doit défaire la cohérence de cette con-sistance et proprement lexpulser dans la dispersion et la dissémination de lincohérent et de labsurde. »
- Elle est « irréelle » en tant que projet d’abolition de la réalité de l’affect : « Irréel parce que dans le pro-jet de cette ex-pulsion, sil parvenait à ses fins, cest proprement la réalité de laffect qui serait abolie. »
- Ce projet échoue, si bien que l’ennui demeure comme corrélat structurel de l’image télévisée : « Que ce projet naboutisse pas et que laffect ne soit jamais déchargé de soi, cela veut dire: lennui subsiste, aussi longtemps que limage télévisée, comme sa condition, comme sa réalité. »
- Henry parle d’une « convenance ontologique » parfaite entre l’omniprésence de la force et le flux d’images : « Entre le «à chaque instant» de la force [...] et le «à chaque instant» de limage télévisée [...] la correspondance ou pour mieux dire la convenance ontologique est parfaite. »
Source Quotes
Le non-accomplissement de laccroissement, pathétique comme lui, cest donc lennui. «Je ne sais pas quoi faire» veut dire: à chaque instant la force est là, sengageant dans son être mais aucune des pratiques permettant la poursuite de cet engagement, aucune des voies offertes par la culture. Il sagit alors pour cette force qui ne saccomplit pas de soublier en quelque sorte, elle et son pathos, et cela dans la fuite hors de soi pour autant que dans cette extériorité quelque chose se lève devant le regard à chaque instant et le captive: limage télévisée. A chaque instant, cela veut dire maintenant que dans le temps du monde ce qui sy montre et qui, conformément à la loi de ce temps, disparaît tout aussitôt doit être aussi à tout moment remplacé par quelque chose dautre, daussi inconsistant et daussi irréel, daussi vide que lui.
Il sagit alors pour cette force qui ne saccomplit pas de soublier en quelque sorte, elle et son pathos, et cela dans la fuite hors de soi pour autant que dans cette extériorité quelque chose se lève devant le regard à chaque instant et le captive: limage télévisée. A chaque instant, cela veut dire maintenant que dans le temps du monde ce qui sy montre et qui, conformément à la loi de ce temps, disparaît tout aussitôt doit être aussi à tout moment remplacé par quelque chose dautre, daussi inconsistant et daussi irréel, daussi vide que lui. Inconsistant parce que limage nest plus ici, comme dans lart, la venue en soi de la force et ainsi la con-sistance de la vie mais au contraire ce qui, comme mise à distance de soi, doit défaire la cohérence de cette con-sistance et proprement lexpulser dans la dispersion et la dissémination de lincohérent et de labsurde.
A chaque instant, cela veut dire maintenant que dans le temps du monde ce qui sy montre et qui, conformément à la loi de ce temps, disparaît tout aussitôt doit être aussi à tout moment remplacé par quelque chose dautre, daussi inconsistant et daussi irréel, daussi vide que lui. Inconsistant parce que limage nest plus ici, comme dans lart, la venue en soi de la force et ainsi la con-sistance de la vie mais au contraire ce qui, comme mise à distance de soi, doit défaire la cohérence de cette con-sistance et proprement lexpulser dans la dispersion et la dissémination de lincohérent et de labsurde. Irréel parce que dans le pro-jet de cette ex-pulsion, sil parvenait à ses fins, cest proprement la réalité de laffect qui serait abolie.
Irréel parce que dans le pro-jet de cette ex-pulsion, sil parvenait à ses fins, cest proprement la réalité de laffect qui serait abolie. Que ce projet naboutisse pas et que laffect ne soit jamais déchargé de soi, cela veut dire: lennui subsiste, aussi longtemps que limage télévisée, comme sa condition, comme sa réalité. Vide, parce que cest seulement devant la montée en elle-même de la force que ce devant est pro-duit comme ce qui devrait linterrompre, la décharger de soi, comme le vide de ce plein.
Key Concepts
- Il sagit alors pour cette force qui ne saccomplit pas de soublier en quelque sorte, elle et son pathos, et cela dans la fuite hors de soi
- dans cette extériorité quelque chose se lève devant le regard à chaque instant et le captive: limage télévisée.
- doit être aussi à tout moment remplacé par quelque chose dautre, daussi inconsistant et daussi irréel, daussi vide que lui.
- Inconsistant parce que limage nest plus ici, comme dans lart, la venue en soi de la force et ainsi la con-sistance de la vie
- Que ce projet naboutisse pas et que laffect ne soit jamais déchargé de soi, cela veut dire: lennui subsiste, aussi longtemps que limage télévisée, comme sa condition, comme sa réalité.
Context
Développement central sur la télévision comme pratique de la barbarie : Henry en analyse l’essence à partir de la dynamique de l’ennui et de l’énergie inemployée.