L’œuvre d’art n’est pas étrangère à la sensibilité mais trouve son essence en elle : elle se tient hors du monde parce qu’elle déploie son être dans l’immanence de la vie, comme représentation irréelle de la vie dans un "ailleurs" qui est identiquement l’ailleurs de notre propre subjectivité vivante.
By Michel Henry, from Barbarism
Key Arguments
- Henry répond à l’aporie en affirmant que si l’œuvre d’art « nest jamais dans ce monde, si elle ne se situe pas vraiment là où se dis-pose son support, là justement, devant nous, sur ce mur, dans ce cadre, ce nest pas quelle soit étrangère à la sensibilité ».
- Au contraire, « cest ... parce quelle trouve son essence en elle, déployant son être là où la sensibilité déploie le sien, dans la vie, dans limmanence radicale de la subjectivité absolue, hors du monde donc, loin de tout ce qui est là, dans un «ailleurs» que donne à sentir toute œuvre véritable et qui est identiquement lailleurs où elle se tient et où nous nous tenons nous-mêmes: ce que nous sommes. »
- Il en déduit : « Lart est la représentation de la vie. »
- Cette représentation est nécessaire parce que « la vie, de par son essence et la volonté de son être le plus intime, ne sex-pose jamais ni ne se dis-pose dans le Dimensional extatique de la phénoménalité, soit dans lapparence dun monde », de sorte qu’elle « ne peut exhiber en celui-ci sa réalité propre, mais seulement se représenter en lui, sous la forme dune représentation irréelle, dune «simple représentation». »
- C’est pourquoi l’art fait appel à l’imagination, « qui est la faculté de se représenter une chose en son absence », car, comme représentation de la vie, « il ne peut en effet la donner que comme absente, comme cet ens imaginarium en lequel elle se projette, qui vaut pour elle, qui apparaît comme de la vie mais qui nest jamais, dans cette apparition selon laquelle il soffre à nous et dans le contenu manifeste de cette apparition, la propre apparition de la vie elle-même. »
- Henry conclut que « Lirréalité de lart est donc de principe, elle tient à ce que la vie qui saffirme indéfiniment elle-même, nétant rien du monde, ne peut le faire en lui mais seulement au-delà de lui, comme ce qui le nie et le dépasse. »
Source Quotes
Bien plutôt doit-elle être saisie dans sa connexion originelle à lessence de la vie et comme son effet de principe. Si lœuvre dart nest jamais dans ce monde, si elle ne se situe pas vraiment là où se dis-pose son support, là justement, devant nous, sur ce mur, dans ce cadre, ce nest pas quelle soit étrangère à la sensibilité, cest au contraire parce quelle trouve son essence en elle, déployant son être là où la sensibilité déploie le sien, dans la vie, dans limmanence radicale de la subjectivité absolue, hors du monde donc, loin de tout ce qui est là, dans un «ailleurs» que donne à sentir toute œuvre véritable et qui est identiquement lailleurs où elle se tient et où nous nous tenons nous-mêmes: ce que nous sommes. Lart est la représentation de la vie.
Si lœuvre dart nest jamais dans ce monde, si elle ne se situe pas vraiment là où se dis-pose son support, là justement, devant nous, sur ce mur, dans ce cadre, ce nest pas quelle soit étrangère à la sensibilité, cest au contraire parce quelle trouve son essence en elle, déployant son être là où la sensibilité déploie le sien, dans la vie, dans limmanence radicale de la subjectivité absolue, hors du monde donc, loin de tout ce qui est là, dans un «ailleurs» que donne à sentir toute œuvre véritable et qui est identiquement lailleurs où elle se tient et où nous nous tenons nous-mêmes: ce que nous sommes. Lart est la représentation de la vie. Cest parce que la vie, de par son essence et la volonté de son être le plus intime, ne sex-pose jamais ni ne se dis-pose dans le Dimensional extatique de la phénoménalité, soit dans lapparence dun monde, quelle ne peut exhiber en celui-ci sa réalité propre, mais seulement se représenter en lui, sous la forme dune représentation irréelle, dune «simple représentation».
Lart est la représentation de la vie. Cest parce que la vie, de par son essence et la volonté de son être le plus intime, ne sex-pose jamais ni ne se dis-pose dans le Dimensional extatique de la phénoménalité, soit dans lapparence dun monde, quelle ne peut exhiber en celui-ci sa réalité propre, mais seulement se représenter en lui, sous la forme dune représentation irréelle, dune «simple représentation». Voilà pourquoi lart fait appel à limagination, qui est la faculté de se représenter une chose en son absence, parce que, comme représentation de la vie, il ne peut en effet la donner que comme absente, comme cet ens imaginarium en lequel elle se projette, qui vaut pour elle, qui apparaît comme de la vie mais qui nest jamais, dans cette apparition selon laquelle il soffre à nous et dans le contenu manifeste de cette apparition, la propre apparition de la vie elle-même, à savoir son autorévélation dans la sphère dintériorité radicale de la subjectivité absolue.
Voilà pourquoi lart fait appel à limagination, qui est la faculté de se représenter une chose en son absence, parce que, comme représentation de la vie, il ne peut en effet la donner que comme absente, comme cet ens imaginarium en lequel elle se projette, qui vaut pour elle, qui apparaît comme de la vie mais qui nest jamais, dans cette apparition selon laquelle il soffre à nous et dans le contenu manifeste de cette apparition, la propre apparition de la vie elle-même, à savoir son autorévélation dans la sphère dintériorité radicale de la subjectivité absolue. Lirréalité de lart est donc de principe, elle tient à ce que la vie qui saffirme indéfiniment elle-même, nétant rien du monde, ne peut le faire en lui mais seulement au-delà de lui, comme ce qui le nie et le dépasse. Voilà pourquoi lobjet esthétique ne se confond pas avec son support matériel, parce quil est cette forme imaginaire au double sens qui vient dêtre reconnu comme négation dans lobjectivité de lobjectivité elle-même, comme représentation de la vie.
Key Concepts
- Si lœuvre dart nest jamais dans ce monde, si elle ne se situe pas vraiment là où se dis-pose son support, là justement, devant nous, sur ce mur, dans ce cadre, ce nest pas quelle soit étrangère à la sensibilité,
- cest au contraire parce quelle trouve son essence en elle, déployant son être là où la sensibilité déploie le sien, dans la vie, dans limmanence radicale de la subjectivité absolue, hors du monde donc, loin de tout ce qui est là, dans un «ailleurs» que donne à sentir toute œuvre véritable et qui est identiquement lailleurs où elle se tient et où nous nous tenons nous-mêmes: ce que nous sommes.
- Lart est la représentation de la vie.
- ne sex-pose jamais ni ne se dis-pose dans le Dimensional extatique de la phénoménalité, soit dans lapparence dun monde, quelle ne peut exhiber en celui-ci sa réalité propre, mais seulement se représenter en lui, sous la forme dune représentation irréelle, dune «simple représentation».
- Lirréalité de lart est donc de principe, elle tient à ce que la vie qui saffirme indéfiniment elle-même, nétant rien du monde, ne peut le faire en lui mais seulement au-delà de lui, comme ce qui le nie et le dépasse.
Context
Interprétation ontologique de l’irréalité de l’art : Henry relie la position "hors du monde" de l’œuvre à l’immanence de la vie et à la structure de la phénoménalité.