L’opposition État des partis / État partisan (ou État laïc / État idéologique) montre que même un État non idéocratique repose sur une valeur commune minimale — la sainteté de la constitution et la renonciation à la violence — qui constitue en elle‑même une philosophie politique fondant la réglementation pacifique des conflits et le renouvellement régulier des équipes au pouvoir.
By Raymond Aron, from Democracy and Totalitarianism
Key Arguments
- Aron définit l’antithèse : « La quatrième antithèse est celle de l'État des partis et de l'État partisan. Dans un cas, pluralité de partis en concurrence, chacun avec sa représentation du bien commun, de l'autre, parti unique dont la conception du bien commun est obligatoire pour tous. »
- Il introduit l’équivalence État des partis/État laïc et État partisan/État idéologique : « J'ai employé une autre expression à peu près équivalente, celle de l'État laïc et de l'État idéologique, transposition, à l'époque des luttes politiques, de l'opposition entre l'État lié à une religion et l'État séparé de toute religion. »
- Il nuance l’opposition en rappelant qu’aucune collectivité ne peut être sans valeurs communes : « L'opposition n'est pas aussi simple. Toute collectivité doit avoir des valeurs communes, sans quoi elle n'existerait pas comme telle. »
- Dans les États laïcs, l’idée d’État tend à se réduire au mode constitutionnel, dont la « sainteté » devient l’idée maîtresse : « Dans les États laïcs, l'idée de l'État tend à se réduire au mode constitutionnel lui-même. L'idée maîtresse du régime constitutionnel-pluraliste, c'est la sainteté de la constitution : tous les citoyens doivent consentir à régler leurs querelles selon les règles constitutionnelles. »
- Il décrit la renonciation à la violence comme l’idéologie propre du régime non idéocratique, impliquant une philosophie de la discussion et des réformes progressives : « La renonciation à la violence devient pour ainsi dire l'idéologie du régime non idéocratique. Du même coup il apparaît que l'État non partisan, l'État de partis, pour tolérer le pluralisme des partis et des doctrines, n'est pourtant pas vide, car la renonciation à la violence est chargée d'une philosophie. Elle implique confiance dans la discussion, dans la possibilité de transformations progressives. »
- Il généralise en définissant tout régime politique comme un mode spécifique de réglementation des conflits et de renouvellement des élites, et caractérise la visée propre du régime constitutionnel‑pluraliste : « Tout régime politique se définit par un mode particulier de réglementation des conflits sociaux et de renouvellement des équipes au pouvoir. Le régime constitutionnel-pluraliste tend à une réglementation pacifique des conflits et à un renouvellement régulier des équipes. »
Source Quotes
Il ne subsiste qu'une voie d'accès aux positions importantes, aux honneurs, et elle passe par la bureaucratie d'État, avec les servitudes que comporte cette filière. La quatrième antithèse est celle de l'État des partis et de l'État partisan. Dans un cas, pluralité de partis en concurrence, chacun avec sa représentation du bien commun, de l'autre, parti unique dont la conception du bien commun est obligatoire pour tous.
Dans un cas, pluralité de partis en concurrence, chacun avec sa représentation du bien commun, de l'autre, parti unique dont la conception du bien commun est obligatoire pour tous. J'ai employé une autre expression à peu près équivalente, celle de l'État laïc et de l'État idéologique, transposition, à l'époque des luttes politiques, de l'opposition entre l'État lié à une religion et l'État séparé de toute religion. L'opposition n'est pas aussi simple.
Dans les États laïcs, l'idée de l'État tend à se réduire au mode constitutionnel lui-même. L'idée maîtresse du régime constitutionnel-pluraliste, c'est la sainteté de la constitution : tous les citoyens doivent consentir à régler leurs querelles selon les règles constitutionnelles. La renonciation à la violence devient pour ainsi dire l'idéologie du régime non idéocratique.
L'idée maîtresse du régime constitutionnel-pluraliste, c'est la sainteté de la constitution : tous les citoyens doivent consentir à régler leurs querelles selon les règles constitutionnelles. La renonciation à la violence devient pour ainsi dire l'idéologie du régime non idéocratique. Du même coup il apparaît que l'État non partisan, l'État de partis, pour tolérer le pluralisme des partis et des doctrines, n'est pourtant pas vide, car la renonciation à la violence est chargée d'une philosophie.
Du même coup il apparaît que l'État non partisan, l'État de partis, pour tolérer le pluralisme des partis et des doctrines, n'est pourtant pas vide, car la renonciation à la violence est chargée d'une philosophie. Elle implique confiance dans la discussion, dans la possibilité de transformations progressives. Tout régime politique se définit par un mode particulier de réglementation des conflits sociaux et de renouvellement des équipes au pouvoir.
Key Concepts
- La quatrième antithèse est celle de l'État des partis et de l'État partisan.
- J'ai employé une autre expression à peu près équivalente, celle de l'État laïc et de l'État idéologique,
- L'idée maîtresse du régime constitutionnel-pluraliste, c'est la sainteté de la constitution : tous les citoyens doivent consentir à régler leurs querelles selon les règles constitutionnelles.
- La renonciation à la violence devient pour ainsi dire l'idéologie du régime non idéocratique.
- Elle implique confiance dans la discussion, dans la possibilité de transformations progressives.
Context
Dernière des quatre antithèses structurantes proposées par Aron ; il montre que même un État pluraliste et « laïc » doit se fonder sur une norme commune qui joue le rôle d’idéologie minimale, centrée sur la constitution et la non‑violence.