Aron redéfinit analytiquement le « pouvoir » comme capacité institutionnellement située de déterminer la conduite d’autrui, distingue le pouvoir interne des chefs d’entreprise (similaire dans les firmes privées et nationalisées, et non fondamentalement lié au statut de propriété) du pouvoir politique au niveau de l’État, et pose le problème spécifique de l’influence des dirigeants économiques sur les décisions publiques.
By Raymond Aron, from Democracy and Totalitarianism
Key Arguments
- Il propose une définition générale : « Nous désignons par le terme de pouvoir (peut-être vaudrait-il mieux dire puissance) la capacité d'un individu de déterminer la conduite d'un ou plusieurs de ses semblables. »
- Mais il précise l’objet pertinent de son analyse : « le pouvoir auquel nous nous intéressons ici est celui qui résulte des institutions elles-mêmes, de la place occupée par chacun dans un système social, soit le système partiel de l'entreprise ou de l'économie, soit le système global de la société tout entière. »
- Dans le cadre de ce cours, « c'est le pouvoir au niveau de l'État qui importe par-dessus tout. »
- Il rappelle que « Les directeurs détiennent évidemment le pouvoir dans leurs entreprises. Ils prennent des décisions qui affectent tous les ouvriers. » et que « L'autorité dont dispose le dirigeant d'une firme nationalisée ne diffère d'ailleurs pas essentiellement de l'autorité du dirigeant d'une entreprise privée. »
- Cette autorité « conforme à la loi, entraîne un pouvoir de fait, soumis à des nécessités techniques, des exigences administratives et des habitudes sociales », et « ne dépend pas fondamentalement du statut de propriété. Les dirigeants des Usines Renault sont les représentants de la collectivité, ceux de Citroën d'une société par actions, les uns et les autres détiennent le même genre de pouvoir ou exercent la même sorte d'autorité. »
- Il identifie alors le problème central : « Une autre sorte de pouvoir nous intéresse plus : quelle est la relation entre le pouvoir des chefs d'entreprise et les décisions prises par l'administration ou par les hommes politiques ? Ce dont on soupçonne les dirigeants des sociétés anonymes [...] c'est [...] d'exercer une action, le plus souvent clandestine, sur les fonctionnaires et sur les hommes politiques dans le sens de leurs intérêts propres. »
Source Quotes
Quel est le pouvoir que possède la minorité économiquement privilégiée ? Nous désignons par le terme de pouvoir (peut-être vaudrait-il mieux dire puissance) la capacité d'un individu de déterminer la conduite d'un ou plusieurs de ses semblables. En ce sens, tout le monde ou presque a un minimum de pouvoir.
En ce sens, tout le monde ou presque a un minimum de pouvoir. Mais le pouvoir auquel nous nous intéressons ici est celui qui résulte des institutions elles-mêmes, de la place occupée par chacun dans un système social, soit le système partiel de l'entreprise ou de l'économie, soit le système global de la société tout entière. Dans ce cours consacré au régime politique, c'est le pouvoir au niveau de l'État qui importe par-dessus tout.
Mais le pouvoir auquel nous nous intéressons ici est celui qui résulte des institutions elles-mêmes, de la place occupée par chacun dans un système social, soit le système partiel de l'entreprise ou de l'économie, soit le système global de la société tout entière. Dans ce cours consacré au régime politique, c'est le pouvoir au niveau de l'État qui importe par-dessus tout. Les directeurs détiennent évidemment le pouvoir dans leurs entreprises.
Ils prennent des décisions qui affectent tous les ouvriers. L'autorité dont dispose le dirigeant d'une firme nationalisée ne diffère d'ailleurs pas essentiellement de l'autorité du dirigeant d'une entreprise privée. Cette autorité, conforme à la loi, entraîne un pouvoir de fait, soumis à des nécessités techniques, des exigences administratives et des habitudes sociales.
Cette autorité, conforme à la loi, entraîne un pouvoir de fait, soumis à des nécessités techniques, des exigences administratives et des habitudes sociales. Ce pouvoir des chefs d'entreprise peut être plus ou moins grand selon les pays ou selon les secteurs de l'industrie, mais il ne dépend pas fondamentalement du statut de propriété. Les dirigeants des Usines Renault sont les représentants de la collectivité, ceux de Citroën d'une société par actions, les uns et les autres détiennent le même genre de pouvoir ou exercent la même sorte d'autorité.
Key Concepts
- Nous désignons par le terme de pouvoir (peut-être vaudrait-il mieux dire puissance) la capacité d'un individu de déterminer la conduite d'un ou plusieurs de ses semblables.
- le pouvoir auquel nous nous intéressons ici est celui qui résulte des institutions elles-mêmes, de la place occupée par chacun dans un système social
- Dans ce cours consacré au régime politique, c'est le pouvoir au niveau de l'État qui importe par-dessus tout.
- L'autorité dont dispose le dirigeant d'une firme nationalisée ne diffère d'ailleurs pas essentiellement de l'autorité du dirigeant d'une entreprise privée.
- ce pouvoir des chefs d'entreprise peut être plus ou moins grand selon les pays ou selon les secteurs de l'industrie, mais il ne dépend pas fondamentalement du statut de propriété.
Context
Après avoir introduit l’exemple d’un secrétaire américain à la Défense issu du grand business, Aron clarifie conceptuellement ce qu’il entend par pouvoir et prépare l’analyse de l’influence politique des élites économiques.