La condition minimale de cohérence pour une sociologie politique non cynique est de considérer la pluralité des régimes, valeurs et institutions comme des réponses diverses à un problème politique constant et universel : justifier simultanément l’autorité et l’obéissance ainsi que leurs limites, c’est‑à‑dire fonder un pouvoir suffisant pour l’ordre sans justifier n’importe quelle obéissance.

By Raymond Aron, from Democracy and Totalitarianism

Key Arguments

  • Aron indique que, pour sa sociologie politique, « ce qui est nécessaire [...] c'est que la pluralité des régimes, des valeurs et des institutions politiques ne soit pas incohérente. A cette fin, il suffit que les différentes institutions politiques apparaissent comme des réponses à un problème constant. »
  • Il définit ce problème constant : « Le problème que l'on s'est toujours posé, sous le nom de problème politique, est de justifier simultanément l'autorité et l'obéissance. »
  • Il reconnaît le mérite de Hobbes, qui a « justifié admirablement l'obéissance en mettant l'accent sur le côté sombre de la nature humaine », ce qui fonde le pouvoir accordé aux gouvernants.
  • Mais il ajoute qu’« il ne convient pas de justifier n'importe quelle obéissance, n'importe quel pouvoir » et pose la question : « Est-il possible de justifier simultanément l'obéissance et le refus de l'obéissance ? l'autorité et les limites de l'autorité ? »
  • Il conclut en qualifiant ce problème de « problème éternel de l'ordre politique dont tous les régimes, en fait, sont des solutions, toujours imparfaites ».

Source Quotes

Il se peut que la question n'ait même pas de sens. Ce qui est nécessaire pour la sociologie politique telle que je tâcherai de la pratiquer, c'est que la pluralité des régimes, des valeurs et des institutions politiques ne soit pas incohérente. A cette fin, il suffit que les différentes institutions politiques apparaissent comme des réponses à un problème constant.
Ce qui est nécessaire pour la sociologie politique telle que je tâcherai de la pratiquer, c'est que la pluralité des régimes, des valeurs et des institutions politiques ne soit pas incohérente. A cette fin, il suffit que les différentes institutions politiques apparaissent comme des réponses à un problème constant. Le problème que l'on s'est toujours posé, sous le nom de problème politique, est de justifier simultanément l'autorité et l'obéissance.
A cette fin, il suffit que les différentes institutions politiques apparaissent comme des réponses à un problème constant. Le problème que l'on s'est toujours posé, sous le nom de problème politique, est de justifier simultanément l'autorité et l'obéissance. Hobbes a justifié admirablement l'obéissance en mettant l'accent sur le côté sombre de la nature humaine.
Le problème que l'on s'est toujours posé, sous le nom de problème politique, est de justifier simultanément l'autorité et l'obéissance. Hobbes a justifié admirablement l'obéissance en mettant l'accent sur le côté sombre de la nature humaine. Ainsi le pouvoir accordé aux gouvernants trouve un fondement.
Ainsi le pouvoir accordé aux gouvernants trouve un fondement. Mais il ne convient pas de justifier n'importe quelle obéissance, n'importe quel pouvoir. Est-il possible de justifier simultanément l'obéissance et le refus de l'obéissance ? l'autorité et les limites de l'autorité ?
Mais il ne convient pas de justifier n'importe quelle obéissance, n'importe quel pouvoir. Est-il possible de justifier simultanément l'obéissance et le refus de l'obéissance ? l'autorité et les limites de l'autorité ? Tel est le problème éternel de l'ordre politique dont tous les régimes, en fait, sont des solutions, toujours imparfaites.
Est-il possible de justifier simultanément l'obéissance et le refus de l'obéissance ? l'autorité et les limites de l'autorité ? Tel est le problème éternel de l'ordre politique dont tous les régimes, en fait, sont des solutions, toujours imparfaites.

Key Concepts

  • Ce qui est nécessaire pour la sociologie politique telle que je tâcherai de la pratiquer, c'est que la pluralité des régimes, des valeurs et des institutions politiques ne soit pas incohérente.
  • A cette fin, il suffit que les différentes institutions politiques apparaissent comme des réponses à un problème constant.
  • Le problème que l'on s'est toujours posé, sous le nom de problème politique, est de justifier simultanément l'autorité et l'obéissance.
  • Hobbes a justifié admirablement l'obéissance en mettant l'accent sur le côté sombre de la nature humaine.
  • Mais il ne convient pas de justifier n'importe quelle obéissance, n'importe quel pouvoir.
  • Est-il possible de justifier simultanément l'obéissance et le refus de l'obéissance ? l'autorité et les limites de l'autorité ?
  • Tel est le problème éternel de l'ordre politique dont tous les régimes, en fait, sont des solutions, toujours imparfaites.

Context

Clôture du passage : après avoir posé ses présupposés méthodologiques et refusé cynisme et dogmatisme, Aron identifie le noyau problématique invariant de la pensée politique, qui servira de fil conducteur à son analyse sociologique des régimes démocratiques et totalitaires.