Les constitutions soviétiques et le dispositif électoral qui les accompagne constituent des fictions politiques : si, sur le papier, les citoyens élisent librement des députés dotés de droits de contrôle, en réalité il n’y a ni liberté de candidature ni véritable incertitude électorale, les sessions parlementaires sont brèves et scénarisées, et le rôle principal des assemblées est cérémoniel, consistant à manifester publiquement l’adhésion des gouvernés aux gouvernants.
By Raymond Aron, from Democracy and Totalitarianism
Key Arguments
- Aron affirme sans ambiguïté : « Nous savons tous, et les citoyens soviétiques eux-mêmes savent, qu'il s'agit de fictions. Ces textes constitutionnels sont des fictions. »
- Il met en lumière l’absence de liberté de candidature malgré le suffrage : « On élit librement les députés mais on n'est pas librement candidat. Comme la liste de candidats est une liste unique, on a le choix entre voter pour ou ne pas voter du tout, et pour des raisons extrêmement concrètes, 99 % ou plus des citoyens préfèrent voter pour. »
- Il caractérise la nature des élections : « Il s'agit d'élections d'un style différent des élections occidentales, dont les résultats sont prévisibles et prévus, avec une très faible incertitude sur les pourcentages eux-mêmes. »
- Concernant l’activité parlementaire, il souligne la pré‑programmation : « Quant aux séances des assemblées, elles sont aussi, dans une large mesure, prévues, sinon par les citoyens, du moins par les gouvernants. Les discours des députés le plus souvent approuvent les ministres. Quelquefois ils formulent des critiques, mais les discours de critique se déroulent aussi selon un scénario fixé à l'avance au moins dans les grandes lignes. »
- Il en déduit la fonction cérémonielle : « Les sessions des Chambres sont brèves. Il s'agit pour ainsi dire de représentations, de cérémonies d'acclamations par lesquelles les gouvernés proclament publiquement leur accord avec les gouvernants. »
Source Quotes
Encore une fois, il suffirait de prendre au sérieux ces textes constitutionnels pour avoir le sentiment qu'il n'y a pas de différence de nature entre le régime français et le régime soviétique. Nous savons tous, et les citoyens soviétiques eux-mêmes savent, qu'il s'agit de fictions. Ces textes constitutionnels sont des fictions.
Nous savons tous, et les citoyens soviétiques eux-mêmes savent, qu'il s'agit de fictions. Ces textes constitutionnels sont des fictions. On élit librement les députés mais on n'est pas librement candidat.
Ces textes constitutionnels sont des fictions. On élit librement les députés mais on n'est pas librement candidat. Comme la liste de candidats est une liste unique, on a le choix entre voter pour ou ne pas voter du tout, et pour des raisons extrêmement concrètes, 99 % ou plus des citoyens préfèrent voter pour.
On élit librement les députés mais on n'est pas librement candidat. Comme la liste de candidats est une liste unique, on a le choix entre voter pour ou ne pas voter du tout, et pour des raisons extrêmement concrètes, 99 % ou plus des citoyens préfèrent voter pour. Il s'agit d'élections d'un style différent des élections occidentales, dont les résultats sont prévisibles et prévus, avec une très faible incertitude sur les pourcentages eux-mêmes.
Comme la liste de candidats est une liste unique, on a le choix entre voter pour ou ne pas voter du tout, et pour des raisons extrêmement concrètes, 99 % ou plus des citoyens préfèrent voter pour. Il s'agit d'élections d'un style différent des élections occidentales, dont les résultats sont prévisibles et prévus, avec une très faible incertitude sur les pourcentages eux-mêmes. Quant aux séances des assemblées, elles sont aussi, dans une large mesure, prévues, sinon par les citoyens, du moins par les gouvernants.
Quant aux séances des assemblées, elles sont aussi, dans une large mesure, prévues, sinon par les citoyens, du moins par les gouvernants. Les discours des députés le plus souvent approuvent les ministres. Quelquefois ils formulent des critiques, mais les discours de critique se déroulent aussi selon un scénario fixé à l'avance au moins dans les grandes lignes.
Les discours des députés le plus souvent approuvent les ministres. Quelquefois ils formulent des critiques, mais les discours de critique se déroulent aussi selon un scénario fixé à l'avance au moins dans les grandes lignes. Les sessions des Chambres sont brèves.
Quelquefois ils formulent des critiques, mais les discours de critique se déroulent aussi selon un scénario fixé à l'avance au moins dans les grandes lignes. Les sessions des Chambres sont brèves. Il s'agit pour ainsi dire de représentations, de cérémonies d'acclamations par lesquelles les gouvernés proclament publiquement leur accord avec les gouvernants.
Les sessions des Chambres sont brèves. Il s'agit pour ainsi dire de représentations, de cérémonies d'acclamations par lesquelles les gouvernés proclament publiquement leur accord avec les gouvernants. Les gouvernés ont, en théorie et sur le papier, tous les droits fondamentaux, liberté de parole, liberté de presse, liberté de réunion.
Key Concepts
- Nous savons tous, et les citoyens soviétiques eux-mêmes savent, qu'il s'agit de fictions.
- Ces textes constitutionnels sont des fictions.
- On élit librement les députés mais on n'est pas librement candidat.
- Comme la liste de candidats est une liste unique, on a le choix entre voter pour ou ne pas voter du tout, et pour des raisons extrêmement concrètes, 99 % ou plus des citoyens préfèrent voter pour.
- Il s'agit d'élections d'un style différent des élections occidentales, dont les résultats sont prévisibles et prévus, avec une très faible incertitude sur les pourcentages eux-mêmes.
- Les discours des députés le plus souvent approuvent les ministres.
- Quelquefois ils formulent des critiques, mais les discours de critique se déroulent aussi selon un scénario fixé à l'avance au moins dans les grandes lignes.
- Les sessions des Chambres sont brèves.
- Il s'agit pour ainsi dire de représentations, de cérémonies d'acclamations par lesquelles les gouvernés proclament publiquement leur accord avec les gouvernants.
Context
Après avoir décrit les constitutions, Aron passe à l’analyse des pratiques électorales et parlementaires, pour montrer en quoi la réalité soviétique invalide la signification authentiquement constitutionnelle des textes.