Dans l’ancienne Angleterre, le shérif concentrait une large part des pouvoirs judiciaire et policier, disposant d’une latitude redoutable pour exécuter 'tous les ordres de sa majesté', ce qui en faisait une figure à la fois très estimée et très crainte.

By Victor Hugo, from L'Homme qui rit

Key Arguments

  • Hugo présente le shérif comme un officier socialement élevé ('toujours écuyer, et quelquefois chevalier') et juridiquement 'spectabilis', ce qui signale son importance hiérarchique : « Le shérif d'une province était très considérable. Il était toujours écuyer, et quelquefois chevalier. Il était qualifié spectabilis dans les vieilles chartes ; « homme à regarder ». Titre intermédiaire entre : illustris et clarissimus, moins que le premier, plus que le second. »
  • Il rappelle que, après confiscation élective par la couronne, le shérif devient une 'émanation royale' : « les shérifs étaient devenus une émanation royale. Tous recevaient leur commission de sa majesté ». Cela renforce leur lien direct au pouvoir.
  • Il énumère les fonctions du shérif qui mêlent escorte des juges, arrestation, emprisonnement, tenue de cours (Countycourt et Shérif-turn), expédition sommaire des prisonniers ('délivrer la geôle'), présentation des bills au grand jury, et même mise en liberté lorsque le décès d’un juré entraîne l’acquittement de droit : autant d’indices de concentration de pouvoirs.
  • Il souligne que le shérif a pour charge d’exécuter 'tous les ordres de sa majesté', formule vague qui ouvre un vaste champ à l’arbitraire : « Ce qui faisait singulièrement estimer et craindre le shérif, c'est qu'il avait pour charge d'exécuter “tous les ordres de sa majesté” ; latitude redoutable. L'arbitraire se loge dans ces rédactions-là. »
  • La citation de Chamberlayne synthétise cette centralité : « Le shérif, dit Chamberlayne, est “la vie de la Justice, de la Loi et de la Comté”. »

Source Quotes

Ainsi la cour de l'amirauté anglaise consulte et applique les lois de Rhodes et d'Oleron (île française qui a été anglaise). Le shérif d'une province était très considérable. Il était toujours écuyer, et quelquefois chevalier. Il était qualifié spectabilis dans les vieilles chartes ; « homme à regarder ».
Titre intermédiaire entre : illustris et clarissimus, moins que le premier, plus que le second. Les shérifs des comtés étaient jadis choisis par le peuple, mais Édouard II, et après lui Henri VI, ayant repris cette nomination pour la couronne, les shérifs étaient devenus une émanation royale. Tous recevaient leur commission de sa majesté, excepté le shérif du Westmoreland qui était héréditaire, et les shérifs de Londres et de Middlesex qui étaient élus par la livery dans le Commonhall. Les shérifs de Galles et de Chester possédaient de certaines prérogatives fiscales.
La nuance entre le sous-shérif et le justicier-quorum, dans leur service hiérarchique vis-à-vis du shérif, c'est que le sous-shérif accompagnait, et que le justicier-quorum assistait. Le shérif tenait deux cours, une cour sédentaire et centrale, la Countycourt, et une cour voyageante, la Shérif-turn. Il représentait ainsi l'unité et l'ubiquité.
Si, pendant la délibération, un juré mourait, ce qui, de droit, acquittait l'accusé et le faisait innocent, le shérif, qui avait eu le privilège d'arrêter l'accusé, avait le privilège de le mettre en liberté. Ce qui faisait singulièrement estimer et craindre le shérif, c'est qu'il avait pour charge d'exécuter « tous les ordres de sa majesté » ; latitude redoutable. L'arbitraire se loge dans ces rédactions-là. Les officiers qualifiés verdeors, et les coroners faisaient cortège au shérif, et les clercs du marché lui prêtaient main-forte, et il avait une très belle suite de gens à cheval et de livrées.
Les officiers qualifiés verdeors, et les coroners faisaient cortège au shérif, et les clercs du marché lui prêtaient main-forte, et il avait une très belle suite de gens à cheval et de livrées. Le shérif, dit Chamberlayne, est « la vie de la Justice, de la Loi et de la Comté ». En Angleterre, une démolition insensible pulvérise et désagrège perpétuellement les lois et les coutumes.

Key Concepts

  • Le shérif d'une province était très considérable. Il était toujours écuyer, et quelquefois chevalier.
  • les shérifs étaient devenus une émanation royale. Tous recevaient leur commission de sa majesté
  • Le shérif tenait deux cours, une cour sédentaire et centrale, la Countycourt, et une cour voyageante, la Shérif-turn.
  • Ce qui faisait singulièrement estimer et craindre le shérif, c'est qu'il avait pour charge d'exécuter « tous les ordres de sa majesté » ; latitude redoutable. L'arbitraire se loge dans ces rédactions-là.
  • Le shérif, dit Chamberlayne, est « la vie de la Justice, de la Loi et de la Comté ».

Context

Long développement central du chapitre consacré à détailler le statut, les attributions et le pouvoir du shérif de comté dans l’Angleterre ancienne.