Gwynplaine a troqué le réel pour le chimérique : à moitié victime et à moitié consentant, il a quitté Dea, l’amour, la liberté et le travail pauvre mais fier pour Josiane, l’orgueil, la puissance et l’Olympe des puissants, découvrant finalement que le 'fruit d’or' de la fortune n’est que bouchée de cendre.
By Victor Hugo, from L'Homme qui rit
Key Arguments
- Hugo insiste sur cette part de consentement à l’illusion : « Ainsi, moitié de force, moitié de gré, car après le wapentake, il avait eu affaire à Barkilphedro, et dans son rapt il y avait eu du consentement, il avait quitté le réel pour le chimérique, le vrai pour le faux, Dea pour Josiane, l'amour pour l'orgueil, la liberté pour la puissance, le travail fier et pauvre pour l'opulence pleine de responsabilité obscure, l'ombre où est Dieu pour le flamboiement où sont les démons, le paradis pour l'Olympe ! »
- La métaphore finale condense le désenchantement : « Il avait mordu dans le fruit d'or. Il recrachait la bouchée de cendre. »
- Plus haut, Hugo a déjà rappelé la série de 'victoires' de Gwynplaine dans l’exil (contre la nuit, le destin, la misère, la foule), soulignant par contraste la gravité de cette seule défaite qui vient de la séduction du faux : « à l'illumination du vrai avait succédé la fascination du faux ; car ce n'est pas la chair qui est le réel, c'est l'âme. La chair est cendre, l'âme est flamme. »
Source Quotes
Hélas ! il faut être précipité, sans quoi la destinée n'est pas complète. Ainsi, moitié de force, moitié de gré, car après le wapentake, il avait eu affaire à Barkilphedro, et dans son rapt il y avait eu du consentement, il avait quitté le réel pour le chimérique, le vrai pour le faux, Dea pour Josiane, l'amour pour l'orgueil, la liberté pour la puissance, le travail fier et pauvre pour l'opulence pleine de responsabilité obscure, l'ombre où est Dieu pour le flamboiement où sont les démons, le paradis pour l'Olympe ! Il avait mordu dans le fruit d'or.
Ainsi, moitié de force, moitié de gré, car après le wapentake, il avait eu affaire à Barkilphedro, et dans son rapt il y avait eu du consentement, il avait quitté le réel pour le chimérique, le vrai pour le faux, Dea pour Josiane, l'amour pour l'orgueil, la liberté pour la puissance, le travail fier et pauvre pour l'opulence pleine de responsabilité obscure, l'ombre où est Dieu pour le flamboiement où sont les démons, le paradis pour l'Olympe ! Il avait mordu dans le fruit d'or. Il recrachait la bouchée de cendre. Résultat lamentable.
Il avait pu se croire le vainqueur de la vie. Tout à coup de nouvelles forces étaient arrivées contre lui du fond de l'inconnu, non plus avec des menaces, mais avec des caresses et des sourires ; à lui, tout pénétré d'amour angélique, l'amour draconien et matériel était apparu ; la chair l'avait saisi, lui qui vivait d'idéal ; il avait entendu des paroles de volupté semblables à des cris de rage ; il avait senti des étreintes de bras de femme faisant l'effet de nœuds de couleuvre ; à l'illumination du vrai avait succédé la fascination du faux ; car ce n'est pas la chair qui est le réel, c'est l'âme. La chair est cendre, l'âme est flamme. À ce groupe lié à lui par la parenté de la pauvreté et du travail, et qui était sa véritable famille naturelle, s'était substituée la famille sociale, famille du sang, mais du sang mêlé, et, avant même d'y être entré, il se trouvait face à face avec un fratricide ébauché.
Key Concepts
- il avait quitté le réel pour le chimérique, le vrai pour le faux, Dea pour Josiane, l'amour pour l'orgueil, la liberté pour la puissance, le travail fier et pauvre pour l'opulence pleine de responsabilité obscure, l'ombre où est Dieu pour le flamboiement où sont les démons, le paradis pour l'Olympe !
- Il avait mordu dans le fruit d'or. Il recrachait la bouchée de cendre.
- à l'illumination du vrai avait succédé la fascination du faux ; car ce n'est pas la chair qui est le réel, c'est l'âme. La chair est cendre, l'âme est flamme.
Context
Après avoir rappelé tout ce que Gwynplaine avait vaincu dans la pauvreté, Hugo isole le moment où il a cédé à la séduction de la fortune et de Josiane, et montre que cette ascension n’était qu’un échange du vrai contre le faux.