Hugo analyse la jalousie d’Anne envers Josiane comme le produit d’une logique aristocratique du sang où la mésalliance légitime de la mère d’Anne et la bâtardise de Josiane mettent en lumière, par ressemblance, l’imperfection de la naissance royale, au point que certaines parentés deviennent socialement « diminuantes ».

By Victor Hugo, from L'Homme qui rit

Key Arguments

  • Il rappelle qu’Anne est fille d’Anne Hyde, « simple lady », épouse légitime mais socialement inférieure de Jacques II, et que la reine se sent « qu'à demi royale » à cause de ce « sang inférieur ».
  • Il précise que la naissance « improper » de Josiane, « venue au monde tout à fait irrégulièrement », souligne par contraste l’irrégularité moindre mais réelle de la naissance d’Anne : la bâtardise de la sœur met en relief la mésalliance de la reine.
  • La formule « La fille de la mésalliance voyait sans plaisir, pas très loin d'elle, la fille de la bâtardise. Il y avait là une ressemblance désobligeante. » montre que c’est la proximité de deux irrégularités qui blesse la majesté royale.
  • Hugo imagine la revendication implicite de Josiane – « ma mère vaut bien la vôtre » – pour souligner combien, dans la hiérarchie du sang, une bâtarde peut prétendre à l’égalité symbolique avec une reine issue d’une mésalliance.
  • Il insiste sur le non‑dit de cour (« À la cour on ne le disait pas, mais évidemment on le pensait. ») qui pèse sur Anne et rend la situation « ennuyeuse pour la majesté royale » : la pensée tacite du milieu amplifie son malaise.
  • La remarque générale « De certaines parentés sont diminuantes. » formule une thèse sociologique : certains liens de parenté affaiblissent la dignité sociale de celui qui les subit.
  • Malgré tout, « Anne faisait bon visage à Josiane », ce qui montre la nécessité politique de dissimuler, par politesse de cour, ce ressentiment fondé sur la logique de sang.

Source Quotes

Pour une reine laide une jolie duchesse n'est pas une sœur agréable. Il y avait un autre grief, la naissance improper de Josiane43. Anne était fille d'Anne Hyde, simple lady, légitimement, mais fâcheusement épousée par Jacques II, lorsqu'il était duc d'York.
Il y avait un autre grief, la naissance improper de Josiane43. Anne était fille d'Anne Hyde, simple lady, légitimement, mais fâcheusement épousée par Jacques II, lorsqu'il était duc d'York. Anne, ayant de ce sang inférieur dans les veines, ne se sentait qu'à demi royale, et Josiane, venue au monde tout à fait irrégulièrement, soulignait l'incorrection, moindre, mais réelle, de la naissance de la reine.
Anne était fille d'Anne Hyde, simple lady, légitimement, mais fâcheusement épousée par Jacques II, lorsqu'il était duc d'York. Anne, ayant de ce sang inférieur dans les veines, ne se sentait qu'à demi royale, et Josiane, venue au monde tout à fait irrégulièrement, soulignait l'incorrection, moindre, mais réelle, de la naissance de la reine. La fille de la mésalliance voyait sans plaisir, pas très loin d'elle, la fille de la bâtardise.
Anne, ayant de ce sang inférieur dans les veines, ne se sentait qu'à demi royale, et Josiane, venue au monde tout à fait irrégulièrement, soulignait l'incorrection, moindre, mais réelle, de la naissance de la reine. La fille de la mésalliance voyait sans plaisir, pas très loin d'elle, la fille de la bâtardise. Il y avait là une ressemblance désobligeante. Josiane avait le droit de dire à Anne : ma mère vaut bien la vôtre.
À quoi bon une Josiane ? De certaines parentés sont diminuantes. Pourtant Anne faisait bon visage à Josiane.

Key Concepts

  • Il y avait un autre grief, la naissance improper de Josiane43.
  • Anne était fille d'Anne Hyde, simple lady, légitimement, mais fâcheusement épousée par Jacques II, lorsqu'il était duc d'York.
  • Anne, ayant de ce sang inférieur dans les veines, ne se sentait qu'à demi royale, et Josiane, venue au monde tout à fait irrégulièrement, soulignait l'incorrection, moindre, mais réelle, de la naissance de la reine.
  • La fille de la mésalliance voyait sans plaisir, pas très loin d'elle, la fille de la bâtardise. Il y avait là une ressemblance désobligeante.
  • De certaines parentés sont diminuantes. Pourtant Anne faisait bon visage à Josiane.

Context

Fin du passage : Hugo quitte le seul registre psychologique pour montrer comment la structure nobiliaire et les hiérarchies de naissance (mésalliance et bâtardise) alimentent la rancœur d’Anne envers Josiane, tout en obligeant la reine à une façade de bienveillance de cour.