Hugo insère dans ce portrait une réflexion plus générale sur la féminité : aimer l’inattendu serait pour lui « profondément féminin », et Anne, « échantillon à peine dégrossi de l’Ève universelle », manifeste cette disposition élémentaire au caprice et à la surprise.
By Victor Hugo, from L'Homme qui rit
Key Arguments
- Après avoir qualifié Anne de mélange de « bonne femme » et de « méchante diablesse », Hugo ajoute : « Elle aimait l'inattendu, ce qui est profondément féminin. » ; il donne à ce trait une portée anthropologique générale sur « la femme ».
- La formule sur « l’Ève universelle » : « Anne était un échantillon à peine dégrossi de l'Ève universelle. » universalise encore le cas d’Anne : elle est vue comme un prototype brut de la féminité en général.
- L’association récurrente de contradictions (infidèle et fidèle, hérétique et bigote, tenace et molle) suggère que la féminité, dans cette perspective, est un composé de tendances opposées et de penchants imprévisibles, dont l’amour de l’inattendu n’est qu’un symptôme.
- En faisant coïncider ce goût de l’inattendu avec le pouvoir royal (« À cette ébauche était échu ce hasard, le trône. »), Hugo implique que cette féminité capricieuse, liée au hasard, devient problématique lorsqu’elle s’exerce sur la politique.
Source Quotes
C'était un mélange de la bonne femme et de la méchante diablesse. Elle aimait l'inattendu, ce qui est profondément féminin. Anne était un échantillon à peine dégrossi de l'Ève universelle.
Elle aimait l'inattendu, ce qui est profondément féminin. Anne était un échantillon à peine dégrossi de l'Ève universelle. À cette ébauche était échu ce hasard, le trône.
Elle était tenace et molle. Épouse, elle était infidèle et fidèle, ayant des favoris auxquels elle livrait son cœur, et un consort auquel elle gardait son lit. Chrétienne, elle était hérétique et bigote.
Anne était un échantillon à peine dégrossi de l'Ève universelle. À cette ébauche était échu ce hasard, le trône. Elle buvait.
Key Concepts
- Elle aimait l'inattendu, ce qui est profondément féminin.
- Anne était un échantillon à peine dégrossi de l'Ève universelle.
- Épouse, elle était infidèle et fidèle, ayant des favoris auxquels elle livrait son cœur, et un consort auquel elle gardait son lit.
- À cette ébauche était échu ce hasard, le trône.
Context
Toujours dans le même passage, Hugo glisse du cas singulier de la reine Anne à des généralisations sur « la femme » et « l’Ève universelle », en liant le goût de l’inattendu et les contradictions intérieures d’Anne à une conception essentialisée de la féminité.