La longue énumération par Hugo des titres, exceptions et terres associées à la pairie Clancharlie-Hunkerville illustre la nature composite, historique et foncièrement inégalitaire de l’aristocratie britannique : un enchevêtrement de titres nationaux et étrangers, d’anciennes récompenses militaires et de terres toutes nobles, concentrés provisoirement entre les mains de la petite duchesse Josiane en attendant le « vrai » pair, son futur mari.

By Victor Hugo, from L'Homme qui rit

Key Arguments

  • Hugo rappelle que la pairie repose sur une « double châtellenie », deux baronnies (Clancharlie et Hunkerville) auxquelles s’ajoute un marquisat sicilien accordé « en récompense d'un ancien fait d'armes et par permission royale », montrant comment la noblesse accumule dans le temps des prérogatives territoriales et honorifiques.
  • Il énonce la règle selon laquelle « les pairs d'Angleterre ne peuvent porter de titres étrangers » pour aussitôt la relativiser en citant une série d’exceptions célèbres (Arundel, Clifford, Hamilton, Feilding, Marlborough, Wellington), signalant que la loi nobiliaire est malléable lorsqu’il s’agit de grands seigneurs.
  • La note : « Il y avait en Angleterre, et il y a encore, des terres nobles et des terres roturières. Les terres des lords Clancharlie étaient toutes nobles. » met en évidence la persistance d’une hiérarchie foncière structurante : certains sols sont juridiquement nobles, d’autres non, ce qui fonde matériellement la supériorité de quelques familles.
  • Hugo insiste sur le caractère provisoire de la détention de ces biens par Josiane : « appartenaient provisoirement à lady Josiane », et sur le fait qu’elle est « pairesse en attendant qu'il y eût un pair », ce qui suggère que, dans ce système, la femme, même duchesse, détient le patrimoine comme un dépôt en attente du mari qui incarnera pleinement le titre.

Source Quotes

Le pair serait son mari. Cette pairie reposait sur une double châtellenie, la baronnie de Clancharlie et la baronnie de Hunkerville ; en outre les lords Clancharlie étaient, en récompense d'un ancien fait d'armes et par permission royale, marquis de Corleone en Sicile. Les pairs d'Angleterre ne peuvent porter de titres étrangers ; il y a pourtant des exceptions ; ainsi Henry Arundel, baron Arundel de Wardour, était, ainsi que lord Clifford, comte du Saint-Empire, dont lord Cowper est prince ; le duc de Hamilton est en France duc de Chatellerault ; Basil Feilding, comte de Denbigh, est en Allemagne comte de Hapsbourg, de Lauffenbourg et de Rheinfelden.
Cette pairie reposait sur une double châtellenie, la baronnie de Clancharlie et la baronnie de Hunkerville ; en outre les lords Clancharlie étaient, en récompense d'un ancien fait d'armes et par permission royale, marquis de Corleone en Sicile. Les pairs d'Angleterre ne peuvent porter de titres étrangers ; il y a pourtant des exceptions ; ainsi Henry Arundel, baron Arundel de Wardour, était, ainsi que lord Clifford, comte du Saint-Empire, dont lord Cowper est prince ; le duc de Hamilton est en France duc de Chatellerault ; Basil Feilding, comte de Denbigh, est en Allemagne comte de Hapsbourg, de Lauffenbourg et de Rheinfelden. Le duc de Marlborough était prince de Mindelheim en Souabe, de même que le duc de Wellington était prince de Waterloo en Belgique.
Les pairs d'Angleterre ne peuvent porter de titres étrangers ; il y a pourtant des exceptions ; ainsi Henry Arundel, baron Arundel de Wardour, était, ainsi que lord Clifford, comte du Saint-Empire, dont lord Cowper est prince ; le duc de Hamilton est en France duc de Chatellerault ; Basil Feilding, comte de Denbigh, est en Allemagne comte de Hapsbourg, de Lauffenbourg et de Rheinfelden. Le duc de Marlborough était prince de Mindelheim en Souabe, de même que le duc de Wellington était prince de Waterloo en Belgique. Le même lord Wellington était duc espagnol de Ciudad-Rodrigo, et comte portugais de Vimeira. Il y avait en Angleterre, et il y a encore, des terres nobles et des terres roturières.
Le même lord Wellington était duc espagnol de Ciudad-Rodrigo, et comte portugais de Vimeira. Il y avait en Angleterre, et il y a encore, des terres nobles et des terres roturières. Les terres des lords Clancharlie étaient toutes nobles. Ces terres, châteaux, bourgs, bailliages, fiefs, rentes, alleux16 et domaines adhérents à la pairie Clancharlie-Hunkerville appartenaient provisoirement à lady Josiane, et le roi déclarait qu'une fois Josiane épousée, lord David Dirry-Moir serait baron Clancharlie.
Les terres des lords Clancharlie étaient toutes nobles. Ces terres, châteaux, bourgs, bailliages, fiefs, rentes, alleux16 et domaines adhérents à la pairie Clancharlie-Hunkerville appartenaient provisoirement à lady Josiane, et le roi déclarait qu'une fois Josiane épousée, lord David Dirry-Moir serait baron Clancharlie. Outre l'héritage Clancharlie, lady Josiane avait sa fortune personnelle.
C'est à cette petite duchesse que le roi donnait la pairie de Clancharlie. Elle était pairesse en attendant qu'il y eût un pair. Le pair serait son mari. Cette pairie reposait sur une double châtellenie, la baronnie de Clancharlie et la baronnie de Hunkerville ; en outre les lords Clancharlie étaient, en récompense d'un ancien fait d'armes et par permission royale, marquis de Corleone en Sicile.

Key Concepts

  • Cette pairie reposait sur une double châtellenie, la baronnie de Clancharlie et la baronnie de Hunkerville ; en outre les lords Clancharlie étaient, en récompense d'un ancien fait d'armes et par permission royale, marquis de Corleone en Sicile.
  • Les pairs d'Angleterre ne peuvent porter de titres étrangers ; il y a pourtant des exceptions ; ainsi Henry Arundel, baron Arundel de Wardour, était, ainsi que lord Clifford, comte du Saint-Empire, dont lord Cowper est prince ; le duc de Hamilton est en France duc de Chatellerault ; Basil Feilding, comte de Denbigh, est en Allemagne comte de Hapsbourg, de Lauffenbourg et de Rheinfelden.
  • Le duc de Marlborough était prince de Mindelheim en Souabe, de même que le duc de Wellington était prince de Waterloo en Belgique. Le même lord Wellington était duc espagnol de Ciudad-Rodrigo, et comte portugais de Vimeira.
  • Il y avait en Angleterre, et il y a encore, des terres nobles et des terres roturières. Les terres des lords Clancharlie étaient toutes nobles.
  • Ces terres, châteaux, bourgs, bailliages, fiefs, rentes, alleux16 et domaines adhérents à la pairie Clancharlie-Hunkerville appartenaient provisoirement à lady Josiane, et le roi déclarait qu'une fois Josiane épousée, lord David Dirry-Moir serait baron Clancharlie.
  • Elle était pairesse en attendant qu'il y eût un pair. Le pair serait son mari.

Context

Seconde moitié du passage : Hugo détaille la structure de la pairie de Clancharlie-Hunkerville (titres, terres, exceptions à la règle sur les titres étrangers) et précise comment ces biens sont momentanément attribués à la petite duchesse Josiane en vue de leur transfert futur à lord David par le mariage.