Le monde social offre un bilan négatif total : mariage sans amour, famille sans fraternité, richesse sans conscience, puissance sans intelligence, etc.; face à cela, la société apparaît comme 'marâtre' et monde du corps menant au cercueil, tandis que la nature est 'mère', monde de l’âme ouvrant sur transfiguration et ascension.
By Victor Hugo, from L'Homme qui rit
Key Arguments
- Hugo dresse un inventaire systématique des discordances internes du monde qu’a entrevu Gwynplaine : « Le mariage, mais pas d'amour ; la famille, mais pas de fraternité ; la richesse, mais pas de conscience ; la beauté, mais pas de pudeur ; la justice, mais pas d'équité ; l'ordre, mais pas d'équilibre ; la puissance, mais pas d'intelligence ; l'autorité, mais pas de droit ; la splendeur, mais pas de lumière. Bilan inexorable. »
- Il conclut son examen par une quadruple définition : « Il examina successivement la destinée, la situation, la société, et lui-même. Qu'était la destinée ? un piège. La situation ? un désespoir. La société ? une haine. Et lui-même ? un vaincu. »
- Il oppose ensuite deux ordres : « La société est la marâtre. La nature est la mère. La société, c'est le monde du corps ; la nature, c'est le monde de l'âme. »
- Il décrit les issues différentes de ces deux mondes : « L'une aboutit au cercueil, à la boîte de sapin dans la fosse, aux vers de terre, et finit là. L'autre aboutit aux ailes ouvertes, à la transfiguration dans l'aurore, à l'ascension dans les firmaments, et recommence là. »
Source Quotes
Ce monde qu'il venait d'entrevoir, il le considérait, avec ce regard froid qui est le regard définitif. Le mariage, mais pas d'amour ; la famille, mais pas de fraternité ; la richesse, mais pas de conscience ; la beauté, mais pas de pudeur ; la justice, mais pas d'équité ; l'ordre, mais pas d'équilibre ; la puissance, mais pas d'intelligence ; l'autorité, mais pas de droit ; la splendeur, mais pas de lumière. Bilan inexorable. Il fit le tour de cette vision suprême où s'était enfoncée sa pensée.
Il examina successivement la destinée, la situation, la société, et lui-même. Qu'était la destinée ? un piège. La situation ? un désespoir. La société ? une haine. Et lui-même ? un vaincu. Et au fond de son âme, il s'écria : La société est la marâtre.
Et lui-même ? un vaincu. Et au fond de son âme, il s'écria : La société est la marâtre. La nature est la mère. La société, c'est le monde du corps ; la nature, c'est le monde de l'âme. L'une aboutit au cercueil, à la boîte de sapin dans la fosse, aux vers de terre, et finit là.
La société, c'est le monde du corps ; la nature, c'est le monde de l'âme. L'une aboutit au cercueil, à la boîte de sapin dans la fosse, aux vers de terre, et finit là. L'autre aboutit aux ailes ouvertes, à la transfiguration dans l'aurore, à l'ascension dans les firmaments, et recommence là. Peu à peu le paroxysme s'emparait de lui.
Key Concepts
- Le mariage, mais pas d'amour ; la famille, mais pas de fraternité ; la richesse, mais pas de conscience ; la beauté, mais pas de pudeur ; la justice, mais pas d'équité ; l'ordre, mais pas d'équilibre ; la puissance, mais pas d'intelligence ; l'autorité, mais pas de droit ; la splendeur, mais pas de lumière. Bilan inexorable.
- Qu'était la destinée ? un piège. La situation ? un désespoir. La société ? une haine. Et lui-même ? un vaincu.
- La société est la marâtre. La nature est la mère. La société, c'est le monde du corps ; la nature, c'est le monde de l'âme.
- L'une aboutit au cercueil, à la boîte de sapin dans la fosse, aux vers de terre, et finit là. L'autre aboutit aux ailes ouvertes, à la transfiguration dans l'aurore, à l'ascension dans les firmaments, et recommence là.
Context
Au terme de sa méditation sur le parapet, Gwynplaine dresse un 'bilan inexorable' du monde social et Hugo, à travers lui, oppose radicalement société et nature comme deux ordres antagonistes, l’un mortifère, l’autre salvateur.