Posséder « l’oreille du roi », c’est contrôler sa conscience comme un placard ou une hotte à chiffonnier et, par ce bourdonnement extérieur, dicter en réalité tout un règne : la pensée du roi ne lui appartenant plus, il n’est guère responsable de ses actes, car un roi obéit à quelque mauvaise âme qui murmure dans son oreille ; ainsi, la voix haute du souverain n’est qu’un relais de la souveraineté véritable, qui est la voix basse.
By Victor Hugo, from L'Homme qui rit
Key Arguments
- Hugo définit concrètement ce que signifie « avoir l’oreille du roi » : « Avoir l'oreille du roi, c'est tirer et pousser à sa fantaisie le verrou de la conscience royale, et fourrer dans cette conscience ce qu'on veut. » ; le confident maîtrise l’accès à la conscience du souverain.
- Il compare l’esprit royal à un meuble ou à un récipient qu’on remplit : « L'esprit du roi, c'est votre armoire. Si vous êtes chiffonnier, c'est votre hotte. » ; l’image dévalorise le roi en simple support.
- Il affirme que cette oreille n’appartient pas au monarque : « L'oreille des rois n'est pas aux rois ; c'est ce qui fait qu'en somme, ces pauvres diables sont peu responsables. » ; la déresponsabilisation découle de la captation de l’oreille.
- La relation entre pensée et action est formulée en maxime : « Qui ne possède pas sa pensée, ne possède pas son action. » ; le roi, dépossédé de sa pensée, ne maîtrise plus ses actes.
- Hugo conclut que le roi est fondamentalement obéissant : « Un roi, cela obéit. À quoi ? À une mauvaise âme quelconque qui du dehors lui bourdonne dans l'oreille. Mouche sombre de l'abîme. » ; l’autorité véritable est celle du « bourdonnement » malveillant.
- Il résume le mécanisme par une définition du règne : « Ce bourdonnement commande. Un règne est une dictée. » ; les actes royaux sont dictés de l’extérieur.
- La distinction finale entre voix haute et voix basse renverse la notion de souveraineté : « La voix haute, c'est le souverain ; la voix basse, c'est la souveraineté. » ; la souveraineté réelle réside dans le chuchotement des conseillers obscurs.
Source Quotes
On a l'oreille du roi. Avoir l'oreille du roi, c'est tirer et pousser à sa fantaisie le verrou de la conscience royale, et fourrer dans cette conscience ce qu'on veut. L'esprit du roi, c'est votre armoire.
Avoir l'oreille du roi, c'est tirer et pousser à sa fantaisie le verrou de la conscience royale, et fourrer dans cette conscience ce qu'on veut. L'esprit du roi, c'est votre armoire. Si vous êtes chiffonnier, c'est votre hotte. L'oreille des rois n'est pas aux rois ; c'est ce qui fait qu'en somme, ces pauvres diables sont peu responsables.
Si vous êtes chiffonnier, c'est votre hotte. L'oreille des rois n'est pas aux rois ; c'est ce qui fait qu'en somme, ces pauvres diables sont peu responsables. Qui ne possède pas sa pensée, ne possède pas son action.
L'oreille des rois n'est pas aux rois ; c'est ce qui fait qu'en somme, ces pauvres diables sont peu responsables. Qui ne possède pas sa pensée, ne possède pas son action. Un roi, cela obéit.
Qui ne possède pas sa pensée, ne possède pas son action. Un roi, cela obéit. À quoi ? À une mauvaise âme quelconque qui du dehors lui bourdonne dans l'oreille. Mouche sombre de l'abîme. Ce bourdonnement commande.
Mouche sombre de l'abîme. Ce bourdonnement commande. Un règne est une dictée. La voix haute, c'est le souverain ; la voix basse, c'est la souveraineté.
Un règne est une dictée. La voix haute, c'est le souverain ; la voix basse, c'est la souveraineté.
Key Concepts
- Avoir l'oreille du roi, c'est tirer et pousser à sa fantaisie le verrou de la conscience royale, et fourrer dans cette conscience ce qu'on veut.
- L'esprit du roi, c'est votre armoire. Si vous êtes chiffonnier, c'est votre hotte.
- L'oreille des rois n'est pas aux rois ; c'est ce qui fait qu'en somme, ces pauvres diables sont peu responsables.
- Qui ne possède pas sa pensée, ne possède pas son action.
- Un roi, cela obéit. À quoi ? À une mauvaise âme quelconque qui du dehors lui bourdonne dans l'oreille. Mouche sombre de l'abîme.
- Ce bourdonnement commande. Un règne est une dictée.
- La voix haute, c'est le souverain ; la voix basse, c'est la souveraineté.
Context
Fin du sous‑chapitre « VIII INFERI » : après avoir montré que les êtres abaissés sont l’œil et l’oreille du pouvoir, Hugo développe une théorie de la responsabilité et de la souveraineté monarchiques, où le roi apparaît comme l’instrument vocal d’une souveraineté souterraine incarnée par des consciences mauvaises telles que Barkilphedro.